Si on vous avait dit, il y a un mois, que l'avenir du futur directeur sportif de l'OM allait se jouer un soir de fin mai à Saint-Étienne contre Nice, on aurait haussé les épaules. C'est pourtant la situation dans laquelle se retrouve Marseille à neuf jours du barrage retour Ligue 1 contre Ligue 2.
Pour rappel, Grégory Lorenzi est l'homme désigné par Stéphane Richard et Frank McCourt pour succéder à Mehdi Benatia à la tête du sportif. Le Corse de 42 ans a quitté Brest, où il avait construit sur dix ans le projet que l'on connaît, montée en Ligue 1, ancrage durable dans le ventre mou puis envol jusqu'à la Ligue des champions. À l'OM, sa mission est claire, il pilote tout le sportif, et il choisira lui-même l'entraîneur, avec une préférence pour un profil français.
Sauf qu'un détail vient gâcher la fête. Avant de finaliser avec Marseille, Lorenzi avait paraphé un accord avec Nice. Selon RMC Sport, ce document comporte une clause de sortie unilatérale, mais conditionnée à la relégation des Aiglons en Ligue 2. Si Nice se maintient, Lorenzi est tenu d'honorer son contrat azuréen. Si Nice descend, il est libre.
Le 29 mai, l'OM aura un œil sur Geoffroy-Guichard
Nice a terminé barragiste à l'issue d'une fin de saison ratée. Le club affronte l'ASSE en barrages aller-retour, avec retour prévu vendredi 29 mai. Une élimination des Aiglons, et l'OM peut accueillir son DS sans bras de fer ni indemnité à régler. Un maintien, et c'est le début d'un feuilleton dont Marseille se serait bien passé.
Du côté du Gym, on ne fait pas semblant. La direction azuréenne, mise devant le fait accompli, a publiquement annoncé qu'elle ferait valoir le document signé une fois la question sportive tranchée. Compensation financière, contentieux, voire dénonciation publique, Nice prépare déjà l'arsenal. Le sentiment de trahison est palpable, le dossier risque de s'étendre dans le temps si l'ASSE craque jeudi prochain.
Une affaire qui en dit long sur le timing marseillais
Cette histoire pose une question simple, pourquoi Lorenzi a-t-il signé deux documents en l'espace de quelques jours, sans s'assurer qu'aucun engagement antérieur ne le retiendrait ? La réponse ressemble à un mélange d'opportunité (la direction marseillaise est arrivée plus tard et avec un projet plus séduisant) et de coup de force assumé (l'OM, c'est l'OM, on n'attend pas pour dire oui).
Reste que Marseille se retrouve à devoir suivre un barrage de Ligue 1 sans réussir à se réjouir publiquement, sous peine d'attiser la polémique. La direction reste discrète, Lorenzi entretient le flou dans ses interviews, et tout le monde se prépare pour le 29 mai. On n'aurait peut-être pas dû annoncer le mariage avant l'enterrement de l'ancien.
L'OM a déjà connu des feuilletons d'arrivées tordus, le poste de directeur sportif marseillais reste l'un des plus exposés du football français. Le mercato OM qui s'ouvre n'attendra pas que cette histoire soit réglée pour démarrer, et la pression sur Stéphane Richard pour livrer un effectif compétitif vis-à-vis du classement Ligue 1 sera immédiate. Reste à voir si ce premier dossier accouchera d'un soulagement saint-étiennois, ou d'une crise ouverte avec Nice.