Commanderie : la mise au vert vire au dossier juridique

om benatia mccourt beye greenwood saison-2025-2026

On en parlait il y a deux jours, la mise au vert annoncée par Beye après la baffe nantaise. Sauf qu'en 48 heures, le dispositif a changé d'échelle. On n'est plus sur une nuit symbolique pour faire passer un message. On est sur trois nuits pleines à la Commanderie, jeudi-vendredi-samedi, avec deux séances par jour et des sorties verrouillées jusqu'au coup d'envoi de Rennes. La direction appelle ça une mise au vert prolongée. D'autres commencent à parler de garde à vue.

Le déclencheur officiel reste la conférence de presse de Medhi Benatia après Lorient, ce coup de gueule cinglant ciblant le manque d'engagement et l'intensité absente. La sortie a été lue comme une attaque frontale par une partie du vestiaire, fracture aggravée, ambiance plombée. Trois jours après, McCourt prend personnellement le relais et lâche son propre coup de pression : ce qui a été affiché à Lorient n'est pas digne du niveau attendu, l'objectif Ligue des champions n'est pas négociable. Double salve, deux registres, une seule cible : le groupe de Mason Greenwood et de Habib Beye, qu'on cherche à recadrer à six matchs de la fin.

Là où le dossier dérape, c'est sur le terrain juridique. Pierre Vignal, avocat spécialiste du droit du travail interrogé par Le Phocéen, ne mâche pas ses mots. Retenir des joueurs trois nuits sur place hors du cadre prévu, encadrer leurs déplacements, sanctionner ceux qui contesteraient... ça frôle le harcèlement et ça pose un vrai problème de libertés fondamentales. Un joueur qui voudrait porter l'affaire devant les prud'hommes aurait, selon lui, un dossier solide. À l'OM, on a vu passer des décisions ambitieuses, des décisions politiques, des décisions impulsives. Mais une décision sportive validée en parallèle d'une consultation d'avocat, ça commence à faire beaucoup.

Et puis il y a le bruit de fond. L'enquête de La Provence il y a deux mois, déjà, dépeignait Benatia en dirigeant omnipotent qui s'invitait dans les choix tactiques, les jours de repos, la gestion individuelle. De Zerbi en avait fait les frais avant son départ. Greenwood cristallisait les tensions. Beye est arrivé sur ce terrain miné, et au lieu de l'apaiser, le club a choisi le tour de vis. Daniel Riolo a résumé l'opération à sa façon : McCourt et Benatia veulent "faire payer" les joueurs en les enfermant. La formule est sale mais elle dit quelque chose d'une bascule. On est passés d'un mode dialogue à un mode punitif, sans étape intermédiaire.

Newsletter

Côté Tribune

Chaque lundi matin, l'OM vu depuis la tribune. Résultats, analyse, ironie. Pas de spam, pas de bullshit.

Reste à savoir ce que ça va donner sur le pré. La théorie du stage commando peut souder un groupe sous pression collective, faire ressortir les vrais leaders, fondre les ego. Elle peut aussi achever ce qu'il restait de cohésion et fabriquer des dossiers que personne n'a envie de gérer en juin. Le calendrier OM ne pardonnera rien, le classement Ligue 1 non plus. Dans dix jours, on saura si la Commanderie a accouché d'une équipe ou d'un dossier prud'homal.