Visage fermé, voix sourde, réponses minimales. La conférence de presse de Habib Beye à la veille du déplacement au Havre, dimanche soir (21 heures), n'avait pas l'allure d'un coach qui se reprend. Plutôt celle d'un homme qui demande à ses joueurs ce qu'eux seuls peuvent encore offrir : de l'orgueil, de l'amour-propre. Pas un projet, pas une stratégie pour la saison prochaine. Juste finir avec la tête haute, ou ce qui en reste après le 0-3 de Nantes.
L'aveu est venu sans détour. "On est dans une situation difficile, difficile mentalement pour le groupe", a reconnu le coach. Et plus loin, cette phrase qui résume tout : "il n'y a pas de réponse en match". L'engagement est là à l'entraînement, dit-il, mais quand l'arbitre siffle, le groupe se délite. Ce n'est plus un secret depuis Nantes, ça devient une ligne de plus en plus difficile à défendre publiquement.
La 3e place tournée
Beye a aussi acté l'évidence : la troisième place, l'objectif fixé à l'été, n'est plus jouable. Reste à viser la cinquième, qualificative pour l'Europa, encore atteignable sur deux matches. Reste surtout à montrer un visage. "Pour qu'on soit une équipe en vie, il faut qu'on soit une équipe qui aime jouer au foot, qui aime jouer ensemble." Quand un coach en arrive à plaider pour que ses joueurs aiment leur sport, on a quitté la zone de tactique pour entrer dans celle des SOS.
Une infirmerie qui ne désemplit pas
Sur les forfaits, le bilan ne s'allège pas. Aguerd et Hamed Junior Traoré sont officiellement out jusqu'à la fin de saison. CJ Egan-Riley, Geoffrey Kondogbia et Bilal Nadir restent incertains, tous les trois pour des raisons musculaires. Geronimo Rulli, lui, est incertain par choix technique. Beye a ouvert la porte à Jeffrey De Lange en assumant le dossier : "On a la chance d'avoir deux très bons gardiens." Pas vraiment ce qu'on disait du portier argentin il y a six mois. Le coach prépare le terrain.