Benatia coupé du vestiaire : la fracture est consommée

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Encore un fiasco, encore un coup de gueule, et plus personne dans le vestiaire qui semble écouter. C'est le tableau qu'a peint L'Équipe dimanche, après la dernière sortie tonitruante de Medhi Benatia à l'encontre de ses joueurs. Sauf que cette fois, l'effet recherché ne prend plus. Le directeur du football n'a plus la main sur son groupe, et la fracture est désormais bien réelle.

Le scénario commence à être connu. Défaite, vestiaire silencieux, "scandale" lâché en zone mixte, joueurs qui filent tête baissée. Le patron déplore qu'on ne retourne pas la table après une déroute, mais ses propres mots ne suscitent plus de réaction. Quinten Timber a attendu sagement que Benatia ait fini de parler avant de s'éclipser. Au-delà du symbole, c'est une scène qui résume la saison.

Le clash de janvier comme point de bascule

Selon plusieurs sources, la cassure remonte au stage du Koweït, en marge du Trophée des champions perdu en janvier. À l'époque, Leonardo Balerdi avait relayé une inquiétude collective sur les accès extérieurs à la Commanderie. Réponse cinglante de Benatia, restée en travers de la gorge de plusieurs cadres : "C'est toi qui paies le loyer ?". Une phrase qui a coupé le canal. Depuis, ça ne s'est pas refermé.

Pire, Mason Greenwood, agacé par les remontrances répétées du directeur sportif sur les obligations commerciales, aurait choisi d'ignorer purement et simplement son supérieur depuis l'hiver. Quand le joueur le plus influent du vestiaire ne te répond plus, le rapport de force est plié. Il ne reste que des coups de gueule qui rebondissent sur des murs.

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Un effectif "marqué", physiquement et mentalement

Le diagnostic est le même partout. Le groupe paraît usé, "marqué" disent plusieurs témoins, Pierre-Emerick Aubameyang et Amine Gouiri ont disparu offensivement, Benjamin Pavard ne retrouve pas son niveau, Pierre-Emile Höjbjerg porte un brassard de capitaine plus subi qu'imposé. Et Habib Beye, en quête d'intensité depuis son arrivée, dirige des séances plus fatigantes que celles de Roberto De Zerbi. Conséquence ou coïncidence : les alertes musculaires s'enchaînent, Timber, Igor Paixao, Geoffrey Kondogbia, et maintenant Hamed Junior Traoré, forfait pour la fin de saison.

Le proche d'un joueur résume le malaise sans détour : "Impossible de demander à un effectif de se mobiliser quand tu passes ton temps à dire que la porte est ouverte, et que personne ne sait s'il sera là en juillet." Difficile de lui donner tort. Quand le directeur sportif lui-même évoque sans cesse le mercato à venir, les joueurs ne se projettent plus.

Le futur président Stéphane Richard avait évoqué, en avril, "une forme d'apaisement" dont le club aurait besoin. Le calendrier OM restant promet l'inverse : quatre semaines à tenir dans un climat tendu, deux journées de Ligue 1 décisives, et un mercato déjà en surchauffe. Quant au remplaçant de Benatia au poste de directeur sportif, on en parle déjà, ce qui en dit long sur la suite probable.