Encore un fiasco, encore un coup de gueule, et plus personne dans le vestiaire qui semble écouter. C'est le tableau qu'a peint L'Équipe dimanche, après la dernière sortie tonitruante de Medhi Benatia à l'encontre de ses joueurs. Sauf que cette fois, l'effet recherché ne prend plus. Le directeur du football n'a plus la main sur son groupe, et la fracture est désormais bien réelle.
Le scénario commence à être connu. Défaite, vestiaire silencieux, "scandale" lâché en zone mixte, joueurs qui filent tête baissée. Le patron déplore qu'on ne retourne pas la table après une déroute, mais ses propres mots ne suscitent plus de réaction. Quinten Timber a attendu sagement que Benatia ait fini de parler avant de s'éclipser. Au-delà du symbole, c'est une scène qui résume la saison.
Le clash de janvier comme point de bascule
Selon plusieurs sources, la cassure remonte au stage du Koweït, en marge du Trophée des champions perdu en janvier. À l'époque, Leonardo Balerdi avait relayé une inquiétude collective sur les accès extérieurs à la Commanderie. Réponse cinglante de Benatia, restée en travers de la gorge de plusieurs cadres : "C'est toi qui paies le loyer ?". Une phrase qui a coupé le canal. Depuis, ça ne s'est pas refermé.
Pire, Mason Greenwood, agacé par les remontrances répétées du directeur sportif sur les obligations commerciales, aurait choisi d'ignorer purement et simplement son supérieur depuis l'hiver. Quand le joueur le plus influent du vestiaire ne te répond plus, le rapport de force est plié. Il ne reste que des coups de gueule qui rebondissent sur des murs.