Aucun Marseillais en Bleus pour le Mondial 2026

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On va se le dire franchement : ça fait drôle. Jeudi soir, sur le plateau de TF1, Didier Deschamps a égrené les 26 noms de sa liste pour la Coupe du Monde 2026. On a attendu un prénom marseillais. Puis un autre. Puis un dernier. Rien. Pas un Olympien dans ce groupe France qui s'envolera l'été prochain en Amérique du Nord. Une absence comme on n'en avait plus vu depuis 1986.

Quarante ans. Quarante ans qu'à chaque rendez-vous mondial, au moins un joueur de l'OM faisait le voyage. Mandanda en 2010 et 2018, Valbuena en 2010 et 2014, Ribéry en 2006, Leboeuf en 2002, Blanc et Dugarry en 1998, Guendouzi en 2022. La filière était devenue une tradition. Cette fois, elle s'éteint.

Le cas Pavard, résumé d'une saison

Benjamin Pavard était le seul nom crédible. Le seul. Champion du monde 2018, 55 sélections au compteur, un statut établi. Mais à 30 ans, dans un effectif des Bleus saturé en défense (neuf défenseurs convoqués), et avec une saison contrastée sur la Canebière (26 matchs, une note moyenne de 6.8 selon les agrégateurs, mais une régularité en dents de scie), il a fait les frais d'arbitrages serrés. Deschamps a préféré conserver ses cadres habituels. Pavard n'avait déjà pas été appelé lors des deux derniers rassemblements. Là, c'est l'épilogue.

Il n'y a même pas de polémique à monter. Le défenseur prêté par l'Inter savait depuis un moment que la porte se refermait. Et l'OM lui-même, cette saison, n'a pas produit le genre de performances qui forcent la main d'un sélectionneur.

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Quand l'OM regarde les autres sélections lui prendre ses joueurs

Le plus piquant dans l'affaire, c'est que des joueurs olympiens iront bien au Mondial. Mais pour d'autres pays. Rulli, Medina et Balerdi avec l'Argentine. Gouiri avec l'Algérie. Aguerd avec le Maroc. Weah avec les États-Unis. Le Vélodrome aura ses ambassadeurs à la Coupe du Monde, simplement pas du bon côté de la barrière tricolore.

C'est l'image, en fait, de ce que l'OM est devenu sur le marché. Un club qui recrute massivement à l'international, qui se construit autour de profils argentins, marocains, britanniques, américains, mais qui peine à produire ou à attirer le joueur français suffisamment fiable pour intéresser Deschamps. Camavinga, Chevalier, Thauvin, Kolo Muani sont aussi laissés à quai pour des raisons individuelles. Mais l'absence collective des Marseillais, elle, raconte autre chose.

Une référence historique qui ne flatte pas

Il faut remonter à 1986 pour retrouver une équipe de France sans Olympien à la Coupe du Monde. Cette année-là, le club sortait d'années compliquées, partiellement passées en D2, et venait de terminer 12e de Division 1. Pas franchement la période dorée du club. Que la comparaison historique nous renvoie à cet épisode-là, ça n'est pas anodin. Et pour les supporters, ça pique un peu.

On en sera quitte pour suivre le classement Ligue 1 à la maison et regarder le Mondial avec une autre paire de lunettes. À nous, désormais, de relancer la machine. La prochaine liste, c'est dans trois ans.