Six ans. Six saisons à ratisser le milieu de terrain, à porter le brassard quand personne n'en voulait, à serrer les dents pendant les tempêtes Sampaoli, Tudor et compagnie. Et au bout du compte ? Valentin Rongier est parti par la petite porte, direction Rennes, avec l'impression de ne pas avoir compté.
Dans une interview accordée ce samedi, l'ancien capitaine de l'OM n'a pas tourné autour du pot. Le mot revient en boucle : "manque de respect". Rongier pointe directement Pablo Longoria et Medhi Benatia, qu'il accuse de ne jamais avoir vraiment voulu le conserver. Les négociations de prolongation ? Une mascarade, selon lui. Le milieu de 31 ans réclamait une revalorisation à 400 000 euros mensuels après six ans à 330 000 euros, un salaire jamais réévalué depuis son arrivée de Nantes en 2019. Le club n'a pas bougé d'un centimètre.
On peut discuter du montant. On peut estimer que Rongier, sur le déclin physique, ne valait pas une rallonge. Mais la manière, c'est autre chose. Ce qui transparaît dans ses propos, ce n'est pas une histoire de chiffres, c'est l'absence de considération pour un joueur qui a traversé toutes les crises sans jamais ouvrir sa bouche dans la presse. Le genre de mec qui fait tourner un vestiaire sans faire de vagues, et qu'on remercie avec un "on ne te retient pas".
Le timing n'est pas anodin non plus. Rongier balance ses vérités au moment où le départ de Benatia en fin de saison est désormais acté (McCourt l'a confirmé cette semaine). Comme si la page qui se tournait à la direction libérait aussi la parole de ceux qui en ont pris plein la figure en silence.
À Rennes, Rongier retrouve du temps de jeu et une certaine sérénité. Mais on sent que la blessure marseillaise est encore fraîche. Six ans dans un club comme l'OM, ça crée des liens qu'un simple communiqué de départ ne peut pas défaire. Lui qui n'avait jamais critiqué publiquement la direction sort de sa réserve pour la première fois, et le constat est cinglant : la fidélité ne pèse pas lourd dans le football moderne, surtout quand les décideurs changent plus vite que les joueurs.
Reste une question. Ce traitement réservé à Rongier, est-ce un cas isolé ou le symptôme d'un club qui consomme ses serviteurs les plus loyaux sans sourciller ? Hojbjerg, parti lui aussi cet été, pourrait avoir des choses à dire sur le sujet. Mais ça, c'est une autre histoire.