On parle souvent du podium comme d'un objectif sportif. Comme si c'était une question de prestige, de fierté, de droit de se la raconter au bureau le lundi matin. Sauf que cette saison, pour l'OM, c'est bien plus que ça. C'est une question de survie économique.
Les chiffres sont là, et ils sont brutaux. Le budget marseillais pour 2025-2026 tourne autour de 290 à 295 millions d'euros. Ça semble beaucoup, dit comme ça. Sauf que le PSG est à 920 millions, que Lyon et Monaco ne sont pas loin derrière, et que dans ce budget marseillais, la Ligue des Champions représente environ 22%. On parle de 60 à 65 millions d'euros entre le bonus de participation (18,6 millions garantis), les primes de performance, la billetterie et les revenus commerciaux liés à la compétition. Retire ça de l'équation, et le château de cartes vacille sérieusement.
Le déficit qui plombe tout
Parce que l'OM ne part pas d'une feuille blanche. Le club traîne un déficit d'environ 90 millions d'euros hérité de la saison précédente. Les droits TV domestiques en baisse n'arrangent rien, et la dépendance aux revenus européens n'a jamais été aussi forte. Cette saison, la participation en C1 a permis de combler une partie du trou. Mais si l'OM ne se qualifie pas pour l'édition 2026-2027, il faudra trouver ces millions ailleurs.
Et "ailleurs", ça veut dire dans la chair de l'effectif.
Tailler dans le vif
D'après plusieurs sources, la direction envisage déjà une réduction de la masse salariale de 30 à 35% pour la saison prochaine en cas d'échec européen. Trente à trente-cinq pour cent. Ça ne se fait pas en renégociant quelques primes. Ça veut dire des départs, des joueurs cadres vendus, un effectif affaibli. Le genre de scénario qui te fait revivre les années Eyraud en flashback.
On a déjà vu ce film. Un club qui investit pour viser le haut, qui rate la marche, et qui passe deux ans à colmater les brèches. La différence, c'est que cette fois, Frank McCourt a déjà injecté 400 millions dans le projet. La patience a ses limites, même quand on a les poches profondes.
Le cercle vicieux
Le piège est classique : sans C1, moins de revenus. Moins de revenus, moins de moyens pour recruter. Moins de moyens, un effectif amoindri. Un effectif amoindri, encore moins de chances de se qualifier la saison suivante. On appelle ça un cercle vicieux, et l'OM est en train de danser au bord.
Les six dernières journées de Ligue 1 ne sont pas qu'une affaire de points et de calendrier. Chaque match compte triple : pour le classement, pour les finances, et pour la capacité du club à garder ses meilleurs éléments. Greenwood partira quoi qu'il arrive, mais avec ou sans C1, le montant de sa vente et le profil de son remplaçant ne seront pas les mêmes.
On en est là. Cinquième au classement, deux points du podium, et des millions qui se jouent à chaque week-end. Le Vélodrome a toujours su pousser dans les moments décisifs. Il va falloir que ça suffise.