Nwaneri : le prêt qui coûte plus cher quand il ne joue pas

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C'est une histoire de prêt comme on n'en voit pas tous les jours. Et c'est rarement bon signe quand un transfert finit dans la rubrique "anomalie comptable". Ethan Nwaneri, arrivé en janvier dernier en provenance d'Arsenal, se retrouve au cœur d'un imbroglio financier qui agace tout le monde, à Marseille comme à Londres.

Le piège inversé

L'info, dévoilée par L'Équipe et reprise par Foot11, Footix et plusieurs médias anglais, a de quoi faire grincer des dents en interne. Le prêt d'Arsenal vers l'OM contiendrait une clause assez inhabituelle : plus le joueur joue, moins le prêt coûte cher. Et inversement, plus le club marseillais le laisse sur le banc, plus la facture grimpe pour les caisses olympiennes.

Concrètement, Arsenal voulait sécuriser le temps de jeu de son jeune talent en construisant un mécanisme dissuasif. Sauf que Habib Beye n'a pas l'air de s'en émouvoir. Depuis son arrivée sur le banc, l'ancien latéral fait jouer Nwaneri au compte-gouttes : 15 matchs cette saison, 2 buts, 1 passe décisive et une note moyenne de 6,77. Pas catastrophique, mais clairement pas le statut de cadre que le joueur avait sous Roberto De Zerbi.

Résultat : Marseille paye plus cher pour faire jouer un joueur qu'il fait jouer moins. Africasoccer.com et goal.com rapportent qu'à Londres, l'agacement monterait. Mikel Arteta aurait même prévenu ses dirigeants que l'académie d'Arsenal ne garantit aucune place automatique au joueur s'il revient. Bref, des deux côtés, tout le monde s'observe.

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Le problème De Zerbi-Beye

Le timing est cruel. Nwaneri a été recruté par De Zerbi, qui voulait construire son projet autour de jeunes profils technique avec marge de progression. Le coach italien lui faisait confiance, lui donnait du temps, lui pardonnait les erreurs. Sauf que De Zerbi est parti, Beye est arrivé, et la philosophie a changé. Pragmatique, rugueuse, un peu plus défensive. Pas vraiment l'écosystème idéal pour un gaucher de 18 ans qui a besoin d'espace et de touches répétées.

C'est l'histoire classique du joueur recruté par un coach qui ne sera plus là pour l'utiliser. Marseille a connu ça mille fois. Sauf qu'à l'OM, en général, les joueurs concernés finissent par partir. Là, le contrat de prêt complique tout. Le club ne peut pas se débarrasser de Nwaneri en trois clics, et chaque match sans temps de jeu dégrade un peu plus la relation entre les deux clubs.

L'horizon transferts

Selon Le Phocéen et plusieurs sources italiennes, deux cadors de Serie A surveillent la situation et le Borussia Dortmund pousserait. Une vente cet été, estimée autour de 40 millions d'euros, semble même probable. Avec les arrivées d'Eberechi Eze et de Noni Madueke à Arsenal, la place de Nwaneri à Londres est de toute façon menacée. Le club londonien préférerait peut-être encaisser un chèque que d'avoir un quatrième ailier qui regarde les matchs depuis le banc.

Pour l'OM, cette histoire pose une question simple : à quoi sert un mercato d'hiver si trois mois plus tard, le joueur recruté n'entre déjà plus dans les plans ? Le club a payé, paye encore, et ne récolte rien sportivement. Encore un dossier qui rejoint la longue liste des paris ratés qu'on regardera dans deux ans en se disant qu'on n'avait rien compris. Au moins, cette fois, on a une excuse : ce n'est pas nous qui l'avons recruté. C'est l'autre, celui qui est parti à Tottenham.