Cent millions d'euros. En cash. Avant septembre. C'est le chiffre qui circule depuis ce matin dans la presse marseillaise, et ça fait froid dans le dos. D'après Foot Marseille, relayé par Le 10 Sport et But Football Club, Frank McCourt a fixé à Medhi Benatia un objectif de ventes record pour l'été 2026. Cent millions à rentrer dans les caisses, coûte que coûte.
On s'en doutait. Depuis que le club a publié un déficit net de 104,7 millions d'euros à la DNCG, tout le monde savait que la facture allait tomber. La question n'était pas de savoir s'il fallait vendre, mais qui. On commence à avoir des noms.
Personne n'est intransférable
D'après les mêmes sources, trois joueurs seraient dans le viseur du propriétaire américain : Mason Greenwood, Amine Gouiri et Igor Paixão. Trois titulaires. Trois éléments que Habib Beye a placés au cœur de son projet sportif. Trois gars qu'on voyait rester.
Greenwood, c'est évidemment la carte la plus précieuse. L'Anglais a ralenti depuis février mais reste une valeur marchande d'au moins 40 à 50 millions. Gouiri a explosé cette saison en Ligue 1 et en sélection avec l'Algérie, ça se paye. Paixão, moins spectaculaire sur les derniers mois, pourrait rapporter 20 à 25 millions à un club de milieu de tableau européen. Fais tes calculs, on y arrive.
La logique McCourt, encore et toujours
C'est la énième fois qu'on nous explique qu'il faut un modèle auto-suffisant, que la masse salariale doit baisser, que les transferts doivent générer des profits. Le discours ne change pas depuis que McCourt a racheté le club en 2016. Ce qui change, c'est l'intensité. Là, on est passé du mode gestion rigoureuse au mode restructuration d'urgence.
Parce qu'il faut le rappeler, cette saison en Ligue des Champions n'a pas rapporté ce qu'on espérait. Le parcours en phase de ligue, correct sans être fou, a limité les revenus européens. Sans une nouvelle qualification sportive, ces 100 millions deviennent le seul levier pour équilibrer les comptes 2026-2027.
Et après ?
La vraie question, maintenant, c'est ce qu'on fait avec ces 100 millions. Parce que vendre pour vendre, personne ne s'en relève. Si McCourt récupère son cash et que Benatia doit reconstruire avec 20 millions pour remplacer trois titulaires, on sait déjà comment ça finit. On l'a vu avec le départ de Rabiot, avec Rongier, avec Mbemba. À chaque vague de ventes, on nous promet un recrutement malin. Parfois ça marche (Greenwood). Souvent, ça grince (Rowe, Ounahi).
Il faudra aussi voir comment l'effectif encaisse. Parce qu'un vestiaire qui se fait rappeler tous les six mois que personne n'est à l'abri, c'est pas le meilleur terreau pour construire une équipe compétitive. Et ça tombe au pire moment, à dix jours d'une fin de saison où il faut encore sécuriser la place européenne.
Reste à savoir qui partira vraiment et ce qu'on en tirera. Pour l'instant, c'est une feuille de route imposée d'en haut. Les acheteurs, eux, attendent patiemment que l'OM dégaine. Et quand un club est obligé de vendre, on connaît la chanson : le rapport de force s'inverse. Voir le mercato OM des dernières années pour s'en convaincre.