On le savait déterminé. On ne le savait pas aussi cash. Au micro de Ligue1+ après la victoire contre Metz, Mason Greenwood a posé les mots : "La saison dernière, j'étais meilleur buteur avec Dembélé, mais là, je veux aller le chercher tout seul." Pas partagé. Pas ex aequo. Seul au sommet, avec son nom et rien d'autre.
Le problème, c'est que pour l'instant, il regarde les autres devant. Avec 15 réalisations au compteur, Greenwood est passé derrière Esteban Lepaul et Joaquin Panichelli, tous deux à 16 buts. Il y a un mois, c'est l'Anglais qui menait la danse. Le rapport de force s'est retourné pendant qu'il soignait sa contusion au quadriceps, celle contractée contre Lille mi-mars. Trois semaines d'absence, le match de Monaco regardé depuis les tribunes, et quand tu reviens, les autres ont continué de planter.
De passeur à chasseur
Contre Metz, Greenwood n'a pas marqué. Mais il a prouvé qu'il pouvait changer un match sans toucher les filets. Deux passes décisives, la première pour Aubameyang à la 13e minute, la seconde pour Igor Paixao trois minutes après la reprise. Meilleure note du match (7,5), des décalages dans tous les sens, un Vélodrome qui retrouve son joueur préféré. L'Anglais a beau avoir le talent brut d'un finisseur, c'est en mode passeur qu'il a relancé un collectif qui tournait au ralenti depuis deux semaines.
"On restait sur deux défaites de suite et il fallait réagir. Le plus important, c'est de s'imposer." Message sobre, lucide. Pas du Greenwood façon Premier League, un peu bravache. Du Greenwood façon Marseille, deuxième saison, celui qui a compris que le collectif passe avant les stats individuelles.
Cinq matchs, un but de retard
Lepaul n'a pas tardé à répondre. L'attaquant a publiquement assumé son propre objectif de meilleur buteur, histoire de rappeler que la course se joue à deux (au moins). Trois prétendants pour un titre, cinq journées pour départager tout le monde.
Le souci, c'est le corps. Habib Beye l'a dit clairement : Greenwood ne se sent pas à 100%. La contusion au quadriceps est moins grave qu'on le craignait (pas de lésion structurelle), mais l'Anglais n'a pas encore retrouvé sa pleine puissance. Le staff le ménage sur certaines séquences d'entraînement, conscient qu'un pépin de trop pourrait compromettre la fin de saison.
Le paradoxe ? Un Greenwood diminué reste décisif. Deux passes dé en un match, une influence constante sur le jeu, la capacité à débloquer des situations sur un simple crochet. Si c'est ça un mec "pas à 100%", on prend.
Cinq matchs. Un but de retard. Un corps qui ne suit pas totalement. Et une ambition qui, elle, est intacte. Le sprint final commence maintenant, et Greenwood a prévenu : il ne partagera rien cette fois.