On avait compté les billets vendus, retenu notre souffle, et fini par vibrer comme des gamins. 35 713 personnes au Vélodrome pour un match de D1 féminine. Record national explosé. La défaite contre Montpellier (1-2) a gâché la fête, c'est vrai. Mais une autre histoire se jouait en parallèle, moins visible depuis les tribunes, et autrement plus amère.
Khezami, écartée du plus grand soir
Roselène Khezami n'était pas sur la feuille de match. Pas blessée, pas suspendue. Écartée. Par choix de Corinne Diacre, pour la soirée la plus importante de l'histoire du football féminin marseillais. La joueuse a encaissé le coup en silence pendant 90 minutes. Et puis elle a parlé.
« Ça me rend folle. » Les mots ont circulé sur les réseaux dès la fin du match, repris par tous les suiveurs du club. Khezami, les larmes aux yeux, a livré une prise de parole brute, sans filtre, de celles qu'on n'entend pas souvent dans le football féminin français. Pas d'attaque frontale contre Diacre, pas de règlement de comptes. De la douleur, surtout. Le sentiment d'avoir été privée d'un moment qu'elle avait contribué à construire.
Une fête, malgré tout
Replaçons les choses. Il y a une semaine, personne n'aurait parié sur 35 000 personnes au Vel' pour un match de D1 féminine. La billetterie a explosé en trois jours, les réseaux se sont emballés, et vendredi soir, le Vélodrome ressemblait aux grandes soirées européennes. L'ambiance a porté les joueuses pendant une bonne partie de la rencontre. Le but contre son camp d'Inès Kbida dès la 40e seconde a refroidi tout le monde, le deuxième but montpelliérain en début de seconde période a fait très mal, et la réduction du score de Bourdieu n'a pas suffi. 1-2, rideau.