Le début des années 70, c'est le moment où le football français commence à se professionnaliser pour de bon. L'OM n'échappe pas au mouvement, et le M fin et élégant hérité des années Art déco laisse place à quelque chose de plus imposant : un monogramme à l'allure antique, massif et symétrique, qui s'impose sur le maillot comme sur les affiches.
Un dessin qui s'assume
Le changement de registre est marqué. On quitte l'épure moderniste pour quelque chose de plus chargé : deux O concentriques (un rond externe, un ovale interne), des jambes ornées au lieu de lignes droites, une symétrie rigoureuse qui évoque les blasons de l'Antiquité ou les monogrammes des grandes institutions. C'est le genre de logo qu'on dessine quand on veut avoir l'air sérieux.
Ce logo accompagne l'arrivée des premiers équipementiers sur les maillots — adidas débarque, avec ses trois bandes sur les épaules et son sac de sport sous le bras. Marius Trésor porte cet écusson sur la poitrine. Josip Skoblar, le "divin chauve", termine sa carrière marseillaise avec ce blason brodé sur le torse.
Le logo d'une transition
Entre 1972 et 1981, l'OM traverse des hauts et des bas (surtout des bas, soyons honnêtes). Mais ce logo tient la route. Il est là sur les maillots adidas à trois bandes, sur les premiers maillots sponsorisés, sur les écharpes du virage. Il fait partie du paysage visuel du Vélodrome à une époque où le Vélodrome lui-même n'était pas encore le stade qu'on connaît.
Autour de 1981, une refonte s'opère — discrète mais réelle. L'emblème massif et antique évolue vers quelque chose de plus dynamique, qui anticipe l'ambition qui va déferler sur le club quelques années plus tard. Le changement de logo précède Tapie de cinq ans.
