Détails du match
Monaco-OM (2-1) : le Rocher nous fait encore mal
Le match
Usain Bolt donne le coup d'envoi fictif au Louis II, et c'est nous qu'on se prend un sprint dans la figure. Sauf que non, pas tout de suite. Pendant une heure, on a tenu. On a même fait mieux que tenir.
Habib Beye avait sorti un 5-4-1 compact, avec Amine Gouiri et Hamed Junior Traorè entre les lignes, Timber et Højbjerg en sentinelles au milieu. Le plan était clair : couper les lignes de passe monégasques, les empêcher de combiner dans les trente derniers mètres, et piquer en contre. Et franchement, en première période, ça marchait. Akliouche ne trouvait pas d'espace, Golovin tournait en rond, et nous on se créait des situations. Højbjerg a même failli surprendre Hrádecký d'une frappe lointaine. Le gardien finlandais, d'ailleurs, retenez bien son nom : il va revenir dans l'histoire.
Le problème avec Monaco en ce moment, c'est que cette équipe ne craque pas. Six victoires de rang avant ce match, une confiance à faire pâlir un joueur de poker. Et nous, quand il fallait convertir nos temps forts, on a buté sur un portier en état de grâce.
59e minute, ça bascule. Golovin récupère le ballon dans une zone où personne ne vient le chercher, trop de passivité dans notre surface, et il ajuste. 1-0. Le genre de but qu'on encaisse quand on oublie qu'un joueur de ce calibre ne pardonne jamais. Medina avait beau s'arracher dans les duels depuis le coup d'envoi, un seul moment de flottement et c'est payé cash.
74e minute, le coup de massue. Et là, il faut en parler. Pavard tente une intervention, se loupe complètement, et offre le boulevard à Balogun. L'attaquant de Monaco se retrouve lancé face au but, et au lieu de conclure platement, il sort un lob. Un lob somptueux, le ballon qui passe au-dessus de Rulli et se loge sous la barre. Le Louis II est debout, nous on est à genoux. Egan-Riley, impliqué sur les deux buts, sort du terrain à la 77e, la tête dans les chaussettes, rattrapé par une douleur à la cuisse gauche. Un calvaire.
Beye lance Nwaneri à la 73e, puis Balerdi pour relancer la machine. Et c'est Gouiri, encore lui, qui arrache quelque chose à la 85e. Servi par Medina, l'ancien Niçois contrôle, se met dans le bon tempo et conclut. 2-1. Le Vélodrome portatif (nos supporters avaient fait le déplacement en nombre) reprend espoir cinq minutes. On pousse, on se procure trois, quatre situations pour égaliser. Hrádecký, encore lui, sort des arrêts déterminants. Le score ne bouge plus.
Les buts
0-1, Aleksandr Golovin (59e) : Trop de passivité marseillaise dans la surface, personne ne prend le Russe en charge. Golovin arme et place une frappe précise qui ne laisse aucune chance à Rulli.
0-2, Folarin Balogun (74e) : Erreur grossière de Pavard qui rate son intervention et offre un boulevard. Balogun part lancé et sort un lob d'une insolence folle par-dessus Rulli. Le genre de but qui reste dans les mémoires, malheureusement pas les nôtres.
1-2, Amine Gouiri (85e) : Passe décisive de Medina, contrôle et frappe maîtrisée. Le seul Marseillais à avoir vraiment pesé offensivement toute la soirée sauve l'honneur. Trop tard.
La composition
OM (5-4-1 / 3-4-2-1)
Titulaires : Rulli ; Pavard, Egan-Riley, Medina ; Weah, Timber, Højbjerg (C), Paixão ; Traorè, Gouiri ; Aubameyang
Remplaçants entrés : Nwaneri (73e, remplace Traorè), Balerdi (77e, remplace Egan-Riley), Emerson (89e, remplace Weah), Abdelli (89e, remplace Højbjerg)
Remplaçants non utilisés : De Lange, Vermeeren, Nnadi, Nadir, Lago
Monaco (3-4-2-1)
Titulaires : Hrádecký ; Kehrer, Zakaria (C), Faes ; Teze, Coulibaly, Camara, Mawissa ; Akliouche, Golovin ; Balogun
Remplaçants entrés : Bamba (65e, remplace Coulibaly), Diatta (65e, remplace Mawissa), Fati (75e, remplace Golovin), Adingra (84e, remplace Akliouche), Biereth (84e, remplace Balogun)
Remplaçants non utilisés : Köhn, Dier, Pogba, Idumbo Muzambo
Les stats clés
| Stat | Monaco | OM |
|---|---|---|
| Buts | 2 | 1 |
| Cartons jaunes | 2 | 2 |
| Remplacements | 5 | 4 |
Les événements
| Min. | Événement |
|---|---|
| 8' | Carton jaune Lamine Camara (Monaco) |
| 34' | Carton jaune Facundo Medina (OM) |
| 59' | But Aleksandr Golovin (Monaco), 1-0 |
| 65' | Remplacement Monaco : Coulibaly et Mawissa sortent, Bamba et Diatta entrent |
| 70' | Carton jaune Thilo Kehrer (Monaco) |
| 73' | Remplacement OM : Traorè sort, Nwaneri entre |
| 74' | But Folarin Balogun (Monaco), 2-0 |
| 75' | Remplacement Monaco : Golovin sort, Fati entre |
| 77' | Remplacement OM : Egan-Riley sort (blessé), Balerdi entre |
| 84' | Remplacement Monaco : Akliouche et Balogun sortent, Adingra et Biereth entrent |
| 85' | But Amine Gouiri (OM), 2-1 |
| 87' | Carton jaune Leonardo Balerdi (OM) |
| 89' | Remplacement OM : Weah et Højbjerg sortent, Emerson et Abdelli entrent |
Le mot de la fin
On ne va pas se raconter d'histoires : le contenu était là, l'efficacité non. C'est toute la différence entre une équipe qui surfe sur la confiance (sept victoires de rang pour Monaco) et une autre qui doute sans vouloir l'admettre. Medina était au bord des larmes en zone mixte, Gouiri assurait qu'il "ne doute pas du tout". On aimerait les croire.
Le classement dit la vérité : 4e place, 49 points, un petit point derrière Lille qui vient de nous passer devant. Monaco nous rejoint, Rennes et Lyon ne sont pas loin. Il reste six matchs, et le prochain c'est Metz à domicile. Le genre de match qu'on n'a pas le droit de ne pas gagner. Le calendrier est abordable jusqu'à la fin, mais encore faut-il retrouver ce truc qu'on a perdu quelque part entre Lille et le Rocher : la capacité à tuer un match quand on en a l'occasion.