Habib Beye

Latéral droitFrance / Sénégal2003-2007Légende
2Numéro
143Matchs OM
4Buts OM
1977-10-19Naissance

L'homme

Habib Beye est né le 19 octobre 1977 à Suresnes, en banlieue parisienne. Formé au PSG (oui, encore un), il quitte la capitale très tôt pour Strasbourg, où il s'impose comme l'un des meilleurs latéraux droits du championnat. Quatre saisons en Alsace, un Sénégalais d'origine qui joue avec les Bleus Espoirs, un défenseur qui monte comme un ailier et qui défend comme un forcené. Le profil idéal pour Marseille, en somme.

International sénégalais, Beye participe à la Coupe du Monde 2002 en Corée-Japon. Ce Mondial qui a vu les Lions de la Teranga battre la France en match d'ouverture et atteindre les quarts de finale. Cette expérience-là, cette capacité à performer sur la plus grande des scènes, il l'a emmenée avec lui à l'OM.

À l'OM

Quand Beye débarque sur la Canebière à l'été 2003, l'OM sort d'une période de turbulences. Le club cherche des cadres, des mecs solides, des caractères. Beye coche toutes les cases. Dès ses premières foulées au Vélodrome, le public comprend qu'il a affaire à un compétiteur pur. Le couloir droit, c'est son territoire. Il le ratisse de la première à la dernière minute, avec cette foulée puissante et ce physique qui décourage les ailiers adverses.

Ce qui frappe chez Beye, au-delà des qualités athlétiques, c'est la gueule. Pas au sens esthétique, au sens du caractère. Le mec ne se cache jamais. Quand ça va mal, il est devant. Quand un arbitre se trompe, il est le premier à râler. Quand un partenaire baisse les bras, il le secoue. Ce tempérament-là, au Vélodrome, ça vaut tous les dribbles du monde.

Sous Alain Perrin d'abord, puis sous Philippe Troussier et Jean Fernandez, Beye traverse des saisons en dents de scie. L'OM des années 2003-2006, c'est un club qui change d'entraîneur comme de maillot, qui promet beaucoup et délivre rarement. Les coaches passent, Beye reste. Il est le repère fixe d'un vestiaire instable, celui que les supporters identifient comme l'un des leurs.

Le brassard de capitaine finit par lui revenir naturellement. Pas par ancienneté, pas par défaut. Parce que personne dans ce vestiaire ne le conteste. Steve Mandanda, arrivé en 2007, héritera plus tard de cette tradition de capitaines qui ne font pas semblant. Beye, lui, a posé les bases. Capitaine combatif et respecté, il a incarné la fierté marseillaise des années 2000, à une époque où on avait bien besoin de mecs qui mouillaient le maillot sans calcul.

Ses montées sur le flanc droit restent dans les mémoires. Beye n'était pas qu'un défenseur, c'était un latéral moderne avant l'heure. Capable de déborder, de centrer juste, de se retrouver dans la surface pour conclure. Quatre buts en 143 matchs, c'est peu sur le papier, mais chacun valait son pesant d'or tant le bonhomme se dépensait sans compter dans les deux sens du terrain.

Le palmarès

Pas de trophée majeur à l'OM. La saison 2003-2004 voit le club terminer septième de Ligue 1. Les suivantes sont meilleures sans être glorieuses : cinquième, cinquième encore. L'OM version Beye, c'est une équipe qui lutte pour l'Europe sans jamais vraiment exploser le plafond. Une frustration récurrente pour un joueur qui donnait tout et récoltait peu.

En sélection du Sénégal, le palmarès parle davantage. Ce quart de finale au Mondial 2002 reste un des faits d'armes les plus beaux du football africain. Beye y était, Beye y a contribué.

143 matchs sous le maillot blanc. Quatre saisons de combats, de courses, de coups de sang, de brassard serré autour du biceps. Les statistiques sont honnêtes sans être spectaculaires. Elles ne racontent pas l'essentiel.

Ce qu'on retient

On retient un capitaine. Un vrai. Pas un mec qui porte le brassard parce qu'il est le plus ancien ou le mieux payé, mais un leader qui tire les autres vers le haut par l'exemple. Beye au Vélodrome, c'était l'assurance que personne n'allait se planquer. Si le capitaine court à la 90e minute sur un score acquis, tu n'as aucune excuse pour lever le pied.

On retient aussi un défenseur qui aimait attaquer. Cette dualité-là, ces chevauchées où tu le voyais partir balle au pied depuis ses 30 mètres, dépasser deux adversaires et centrer au cordeau... c'est ce qui le distinguait des défenseurs besogneux. Beye avait du style dans l'effort, de l'élégance dans le combat.

Et puis on retient un mec droit. Après sa carrière de joueur, devenu consultant puis entraîneur, Beye n'a jamais renié son passage marseillais. Il en parle avec émotion, avec cette sincérité qui ne se fabrique pas. Marseille, pour lui, c'était pas un passage. C'était un morceau de vie. Les supporters le sentaient, et c'est pour ça qu'ils l'ont adopté. À Marseille, on pardonne beaucoup aux joueurs qui donnent tout. Beye donnait tout.

Après l'OM

En 2007, Beye file en Premier League, à Newcastle. Un transfert qui surprend, mais le bonhomme s'adapte vite. Le championnat anglais, physique et intense, lui va comme un gant. Il y passe deux saisons solides avant qu'une blessure au genou ne freine sa carrière. Un passage à Aston Villa, puis Doncaster, et la retraite arrive en 2013, sans fanfare.

La reconversion, en revanche, est réussie. Consultant pour Canal+ et beIN Sports, Beye se révèle un analyste passionné et pertinent, fidèle à ce qu'il était comme joueur : direct, engagé, sans langue de bois. Puis la transition vers le banc de touche : adjoint au Red Star, entraîneur principal du même club. L'homme n'a pas fini avec le football, loin de là.

À Marseille, son nom figure dans la galerie des capitaines emblématiques et des joueurs cultes qui ont marqué les années 2000. Pas par les trophées, pas par les chiffres. Par l'engagement. Et au Vélodrome, ça vaut plus que n'importe quelle statistique.