Dimitri Payet

Milieu offensif / AilierFrance2013-2015, 2017-2024Légende
10Numéro
250Matchs OM
50Buts OM
1987-03-29Naissance

L'homme

Dimitri Payet est né à Saint-Pierre de La Réunion, une île où le foot se vit pieds nus sur des terrains cabossés, avec le soleil qui tape et des rêves de métropole plein la tête. Formé au Havre, passé par Saint-Étienne puis Lille, il arrive une première fois à l'OM en 2013 avec la réputation d'un joueur talentueux mais inconstant — le genre de profil qui te rend dingue parce que tu vois le génie un soir sur deux et la nonchalance le soir d'après.

Ce qu'on ne savait pas encore, c'est que Marseille allait transformer Payet autant que Payet allait transformer Marseille. Parce que cette ville et ce joueur, c'est une histoire d'amour. Pas le genre sage et prévisible — le genre passionnel, volcanique, avec des ruptures, des retours, des larmes et des coups francs qui font trembler les filets et les cœurs.

À l'OM

Premier passage, 2013-2015

Payet débarque à l'été 2013, recruté par l'OM de Labrune et confié à Elie Baup puis Bielsa. Dès la première saison, il montre des fulgurances — cette patte gauche soyeuse, cette vision du jeu supérieure, ces coups francs tirés comme des obus téléguidés. Mais c'est sous Bielsa, lors de la saison 2014-2015, qu'il explose vraiment. Le "Loco" lui donne la liberté de créer, de prendre des risques, de tenter ce que personne d'autre n'ose. Payet régale. 18 passes décisives en championnat cette année-là, un chiffre de malade. Il est élu meilleur joueur de Ligue 1 et tout le monde comprend que le gamin de La Réunion joue dans une catégorie à part.

Et puis West Ham appelle avec un gros chèque. 15 millions, quelque chose comme ça. Payet s'en va en Premier League, et ça nous arrache le cœur. Encore un qui part. Encore un qu'on perd.

L'exil anglais et le retour, 2017

Sauf que Payet, lui, il ne supporte pas d'être loin. L'épisode londonien commence bien — des buts splendides, un Euro 2016 de feu avec les Bleus — mais la sauce ne prend plus à West Ham. En janvier 2017, après avoir refusé de jouer (un geste qui lui sera longtemps reproché outre-Manche), il force son retour à Marseille. 25 millions dans l'autre sens. Le fils prodigue rentre à la maison.

On pourrait lui en vouloir — la méthode était discutable, on ne va pas se mentir. Mais quand tu vois Payet enfiler le maillot blanc, poser le ballon sur un coup franc à 25 mètres et l'envoyer dans la lucarne comme si de rien n'était... tu pardonnes tout. C'est ça, Marseille. On est rancuniers avec tout le monde sauf avec ceux qui nous aiment.

L'épopée Europa League 2018

La saison 2017-2018 reste gravée. Rudi Garcia emmène l'OM jusqu'en finale de l'Europa League, et Payet en est le moteur, le cœur, l'âme. Ce but contre le RB Leipzig en quart de finale — un coup franc pleine lucarne, le Vélodrome qui explose, toi devant ta télé ou dans les tribunes qui hurles comme si ta vie en dépendait. Les demi-finales face à Salzbourg, l'aller à l'extérieur gagné dans la douleur, le retour au Vélodrome dans une ambiance de finale de Coupe du monde.

Et puis Lyon, cette maudite finale à Lyon contre l'Atlético de Madrid. Payet se blesse à la 32e minute. Touche à l'épaule, il sort en pleurant. L'OM s'écroule, 0-3 au final. Cette image de Dimitri en larmes sur la pelouse du Groupama Stadium, c'est l'une des plus déchirantes de l'histoire récente du club. On n'a pas perdu qu'un match ce soir-là — on a perdu une chance qui ne reviendra peut-être jamais.

Les années de capitanat, 2019-2024

Payet reste, vieillit avec le club, prend le brassard. Les saisons suivantes sont un mélange de coups de génie et de coups de mou. Des buts venus d'ailleurs — ce lob dingue contre Saint-Étienne, ces coups francs qu'il enfile avec la régularité d'un métronome —, mais aussi des périodes où le physique ne suit plus, où le Payet des grands soirs laisse place à un joueur qui marche un peu trop sur le terrain.

Sous Sampaoli, il retrouve des couleurs en 2021-2022, porté par un projet ambitieux et une deuxième place en Ligue 1 qui redonne de l'espoir. Mais la suite est plus compliquée. Les relations avec Tudor, le banc, les choix tactiques qui l'écartent... La fin n'est pas à la hauteur de l'histoire. Payet quitte l'OM en 2024, direction le Brésil et Vasco da Gama. Un départ sans hommage digne de ce nom — et ça, on ne le pardonnera pas facilement à ceux qui dirigeaient le club à ce moment-là.

Les stats

SaisonCompétitionMatchsButsPasses D.
2013-2014Ligue 134812
2014-2015Ligue 134718
2017-2018Ligue 1 + Europa4211-
2018-2019Ligue 1358-
2019-2020Ligue 1249-
2020-2021Ligue 1325-
2021-2022Ligue 1358-
2022-2023Ligue 1223-
2023-2024Ligue 1---
Total OMToutes compétitions~250~50-

Le palmarès à l'OM

  • Finaliste Europa League 2018
  • Meilleur joueur de Ligue 1 2015
  • Trophée UNFP du meilleur joueur 2015

Pas de titre collectif. Encore un génie marseillais qui n'a rien gagné avec nous. Ça commence à faire beaucoup, non ?

Ce qu'on retient

Un coup franc. N'importe lequel — ils se ressemblent tous, et pourtant chacun est unique. Le ballon posé à 25 mètres, Payet qui recule, le silence du Vélodrome pendant une demi-seconde (la seule demi-seconde de silence de l'histoire de ce stade), et l'obus qui file dans la lucarne. On retient aussi les larmes de Lyon, cette finale volée par une blessure stupide. On retient un joueur qui a choisi de revenir alors qu'il pouvait aller partout. Qui a dit "Marseille" quand les gros d'Europe lui faisaient les yeux doux. Ça vaut tous les trophées du monde. Enfin presque.

Après l'OM

Payet rejoint Vasco da Gama au Brésil en 2024, un choix de cœur pour finir sa carrière sous le soleil. Loin du Vélodrome, loin de cette ville qui l'a adopté comme un fils. On espère qu'un jour il reviendra — pas forcément sur le terrain, mais au club, dans un rôle à inventer pour un joueur qui n'a jamais rentré dans les cases. En attendant, chaque fois qu'un jeune marseillais tire un coup franc, on pense à lui. Et la lucarne tremble un peu.