Carlos Alberto Dias Mozer

Défenseur centralBrésil1989-1992Légende
3Numéro
105Matchs OM
7Buts OM
1960-10-10Naissance

L'homme

Carlos Mozer nait le 10 octobre 1960 a Rio de Janeiro, dans un pays ou les defenseurs n'ont jamais eu droit aux memes honneurs que les numero 10. Au Bresil, on celebre le dribbleur, l'artiste, le buteur. Le stoppeur, on lui demande juste de ne pas se faire remarquer. Mozer, lui, s'est fait remarquer. Pas en marquant des buts, mais en empechant les autres de jouer.

Forme a Flamengo, le club le plus populaire de Rio, il y remporte tout ce qu'il y a a gagner au debut des annees 80 : championnat du Bresil, Copa Libertadores 1981, Coupe Intercontinentale face a Liverpool. Avec Zico devant et Mozer derriere, ce Flamengo-la etait une machine. Le gamin de Rio n'avait meme pas 21 ans et il avait deja plus de trophees que la plupart des joueurs en fin de carriere.

L'Europe l'appelle. Benfica d'abord, ou il passe trois saisons solides dans un championnat portugais qui ne rigole pas en matiere de defense. Puis un coup de fil de Marseille, en 1989. Bernard Tapie construit son equipe de reve. Il a deja Papin devant, Waddle sur un flanc, Amoros en arriere. Il lui manque un patron derriere. Mozer, 28 ans, experience internationale, temperament de feu. Le profil ideal.

À l'OM

Mozer debarque au Velodrome a l'ete 1989 et s'impose immediatement. Grand (1m86), puissant, bon de la tete, et surtout : une relance que la plupart des milieux de terrain lui envieraient. C'est ca, la difference Mozer. Il ne degageait pas le ballon comme un bourrin. Il le controlait, levait la tete, et trouvait la passe juste. Un defenseur bresilien, quoi, avec tout ce que ca implique de technique et d'elegance.

Sur le terrain, il etait d'une autorite naturelle. Le genre de type qui gueulait sur tout le monde, qui replacait les lignes d'un geste, qui prenait ses responsabilites dans les moments chauds. Les attaquants adverses savaient a quoi s'attendre : du marquage serre, du contact appuye, et zero cadeau. Mozer protegeait sa surface comme son salon.

Avec Basile Boli, arrive en 1990, il forme une charniere centrale complementaire et redoutable. Mozer, c'est la lecture du jeu, l'anticipation, la relance propre. Boli, c'est l'explosivite, la puissance aerienne, l'engagement physique. Les deux ensemble, c'etait un verrou. Les attaquants de Division 1 preferaient chercher les cotes plutot que de passer par l'axe.

Trois titres de champion de France consecutifs (1990, 1991, 1992), Mozer est au coeur de chacun d'entre eux. Il est aussi de l'aventure europeenne, cette quete obsessionnelle de la Ligue des champions lancee par Tapie. La demi-finale contre le Benfica en 1990 (son ancien club, l'affaire est personnelle), les poules de 1991, et surtout la finale de Bari contre l'Etoile Rouge de Belgrade. Ce soir-la, le 29 mai 1991, l'OM bute sur le verrou serbe. Penalties. Elimination. La deception est immense, d'autant que l'equipe meritait mieux.

Mozer ne verra pas le sacre de Munich en 1993. Il quitte l'OM en 1992, a 31 ans, use physiquement par trois saisons de batailles sur tous les fronts. Son depart laisse un vide dans la defense, mais le socle qu'il a bati tient : Boli poursuivra le travail, jusqu'a cette fameuse tete du 26 mai.

Le palmares

Champion de France : 1990, 1991, 1992. Trois titres en trois saisons, avec l'OM parmi les favoris de chaque edition. Finaliste de la Coupe des clubs champions europeens en 1991. A ca, on ajoute tout ce qu'il avait deja dans la besace avec Flamengo : une Libertadores, une Intercontinentale, des championnats bresiliens. Mozer n'etait pas un debutant quand il est arrive a Marseille. Il etait un gagnant.

Ce qu'on retient

Le stoppeur bresilien a donne puissance, experience et caractere a une defense mythique. C'est peut-etre la meilleure facon de resumer Carlos Mozer a l'OM : il a apporte ce que personne d'autre ne pouvait apporter. La culture de la gagne d'un joueur qui avait deja tout connu (Maracana bonde, Libertadores gagnee, football europeen apprivoise), combinee a un temperament volcanique parfaitement adapte a l'ambiance marseillaise.

Mozer etait le patron defensif de l'ere Tapie, celui qui tenait la baraque pendant que Papin empilait les buts. Sans lui, la structure defensive de l'OM 89-92 n'aurait pas eu cette solidite. Et sans cette solidite, il n'y aurait probablement pas eu de titre en 1993. Mozer a construit les fondations. D'autres ont pose le toit.

Apres l'OM

Retour au Bresil en 1992, ou il termine sa carriere sans bruit, loin des projecteurs europeens. Quelques saisons au pays, puis la retraite. Mozer n'a jamais cherche la lumiere mediatique. Pas de reconversion spectaculaire, pas de carriere d'entraineur au plus haut niveau.

Mais a Marseille, ceux qui l'ont vu jouer n'ont pas oublie. Le numero 3 bresilien qui hurlait ses consignes en portugais, qui envoyait des transversales de 40 metres, qui faisait regner l'ordre dans la surface olympienne. Trois saisons, trois championnats, une finale europeenne. Et cette certitude, quand on le voyait entrer sur la pelouse du Velodrome : ce soir, on ne prendra pas de but.