Mamadou Niang

AttaquantSénégal2005-2012 legende
9Numéro
180Matchs
60Buts
1979-10-03Naissance

L'homme

Mamadou Niang débarque à Marseille à 25 ans, après un parcours qui l'a baladé entre Troyes, Metz et le RC Strasbourg. Né à Thiès au Sénégal, formé en France dès l'adolescence, c'est un attaquant qui ne paie pas de mine au premier regard. Pas le plus rapide, pas le plus technique, pas le plus flamboyant. Mais dans la surface, le bonhomme a un don — celui de sentir le but avant tout le monde, de se trouver au bon endroit pile quand il faut. Le genre de qualité qui ne se voit pas sur un highlight YouTube mais qui te fait gagner des matchs en février quand le terrain est lourd et que personne n'a envie d'être là.

International sénégalais, il porte les couleurs de son pays avec fierté et accumule les sélections. Mais c'est à Marseille que sa carrière prend une autre dimension. C'est ici qu'il devient un vrai numéro 9 de club ambitieux, et c'est ici qu'il va graver son nom — même si tout le monde ne s'en souvient pas forcément avec la même tendresse.

À l'OM

L'histoire commence à l'été 2005. L'OM recrute Niang pour renforcer un secteur offensif qui en a bien besoin. Les premières saisons sont correctes sans être flamboyantes — des buts réguliers, une présence physique appréciable, mais aussi des périodes de disette qui agacent le Vélodrome. Tu sais comment c'est, chez nous : on pardonne tout à celui qui mouille le maillot, mais on siffle vite celui qui rate un face-à-face.

Niang, il a pris des sifflets. Plus que sa part, probablement. Son jeu dos au but, parfois brouillon, sa technique approximative dans les combinaisons... ça ne correspondait pas toujours à l'idée qu'on se fait du grand attaquant marseillais. On avait eu Papin, Drogba, et ce gars-là ne faisait rêver personne balle au pied. Sauf que les buts, eux, ils étaient bien réels.

La saison 2007-2008 le voit prêté à Fenerbahçe, une parenthèse turque qui ressemble à un exil. On pense que c'est fini entre l'OM et lui. Mais Niang revient, et c'est là que tout bascule.

La saison du titre, 2009-2010

Sous les ordres de Didier Deschamps — un coach qui a toujours aimé les joueurs besogneux, ceux qui se sacrifient pour le collectif — Niang trouve enfin sa place dans un système qui lui va comme un gant. Avec Lucho González derrière lui, Valbuena sur le côté et Brandão en relais, l'attaquant sénégalais peut se concentrer sur ce qu'il fait de mieux : finir les actions. Et il les finit.

18 buts en Ligue 1 cette saison-là. Meilleur buteur du club, co-meilleur buteur du championnat. Des buts moches, des buts d'instinct, des buts de renard. Celui à Bordeaux qui nous lance, celui contre Rennes qui nous rassure, celui au Parc — ah, celui au Parc... Quand tu marques au Parc des Princes dans une saison de titre, tu rentres dans la mémoire collective, que ça plaise ou non aux puristes.

L'OM est champion de France pour la première fois depuis 1992. Dix-huit ans d'attente, de désillusions, de "l'année prochaine ce sera la bonne". Et quand le sacre arrive enfin, le 5 mai 2010 au Vélodrome contre Rennes, Niang est là, au cœur de cette équipe qui a tenu bon tout au long d'une saison épique. La Canebière est en feu, Marseille respire, et le numéro 9 sénégalais a sa part dans cette joie.

Les saisons suivantes et la fin

Après le titre, la suite est moins glorieuse. Niang vieillit, les jambes sont plus lourdes, la concurrence arrive. La saison 2010-2011, avec le parcours en Ligue des Champions — ce parcours qu'on a tellement attendu —, il est là mais moins décisif. Les quarts de finale face à Manchester United, la double confrontation disputée... il participe mais n'est plus le fer de lance. André-Pierre Gignac prend progressivement le relais comme attaquant numéro un.

Un prêt à Al-Nassr en Arabie Saoudite en 2011-2012 marque la fin de l'aventure marseillaise. Niang quitte l'OM sans adieux officiels, sans hommage au Vélodrome. C'est le lot des joueurs qui ne sont ni des stars absolues ni des joueurs de passage — ceux du milieu, indispensables un temps, oubliés trop vite.

Les stats

SaisonCompétitionMatchsButsPasses D.
2005-2006Ligue 1328-
2006-2007Ligue 13411-
2007-2008Prêt Fenerbahçe---
2008-2009Ligue 13212-
2009-2010Ligue 13618-
2010-2011Ligue 1299-
2011-2012Prêt Al-Nassr---
Total OMToutes compétitions~180~60-

Le palmarès à l'OM

  • Champion de France 2010
  • Coupe de la Ligue 2010
  • Trophée des Champions 2010

Ce qu'on retient

Niang, c'est le buteur qu'on n'a pas assez aimé. Le mec pas sexy, pas clinquant, mais qui mettait le ballon au fond quand ça comptait. Si on est honnêtes — et entre nous on peut l'être — on lui doit une bonne partie de ce titre 2010 qui nous a fait pleurer de joie après presque deux décennies de disette. Il mérite mieux que l'indifférence polie qu'on lui réserve parfois quand on parle de cette équipe. Deschamps le savait, lui, ce que Niang apportait. Et Deschamps, en matière de jugement sur les hommes, il se trompe rarement.

Après l'OM

Après son passage en Arabie Saoudite, Niang tente un retour en Turquie avant de raccrocher les crampons. Sa reconversion se fait discrète, loin des plateaux télé et des réseaux sociaux. Pas le genre à la ramener, Mamadou. Il a marqué ses buts, il a pris son titre, il est parti. Le foot, c'est aussi ces histoires-là — pas de paillettes, pas de documentaire Netflix, juste un attaquant qui a fait le boulot quand Marseille avait besoin de lui.