On pensait que c'etait acquis. Que le Velodrome, quoi qu'il arrive, serait plein. Que 60 000 voix porteraient ce club meme dans la tempete. On avait tort.
La Provence a pose la question qui fache : pourquoi les fideles du boulevard Michelet ne viennent plus ? La reponse, elle tient en une saison. Celle-la. 2026. L'annee ou l'OM a reussi l'exploit de degouter ceux qui avaient survecu a tout, a la descente en Ligue 2, aux rachats rates, aux mercatos bidon.
Les chiffres parlent
Face a Auxerre le 13 mars, l'affluence officielle annoncait 55 766 spectateurs. En realite, bien moins. Contre Lille, neuf jours plus tard, 59 865 au compteur, le systeme qui integre automatiquement tous les abonnes, presents ou pas. Pour un choc de ce calibre, le stade aurait ete archi-plein il y a six mois. Aujourd'hui, on compte les sieges vides.
Et a l'exterieur ? Les parcages restent pleins, oui. Mais les banderoles du genre "vous etes des merdes" a Toulouse, les bras d'honneur a Monaco en fin de match... C'est pas du soutien, ca. C'est du desespoir qui deborde.
Le cocktail perdant
La crise de resultats, on la connait. La crise de gouvernance aussi. Mais il y a pire : le sentiment qu'il n'y a plus rien a quoi s'accrocher. Sous De Zerbi, le style divisait, mais au moins on marquait des buts, on avait des records offensifs. Depuis l'arrivee d'Habib Beye, meme cette consolation a disparu. Le jeu fait l'unanimite contre lui. Pas d'idee, pas de plan, pas de perspective.
Alors les gens font leurs comptes. Le deplacement, l'abonnement, la place au Velodrome... Pour voir quoi ? Un OM septieme au classement qui ne gagne plus a l'exterieur contre les equipes du haut ? On peut comprendre la lassitude.
"Je suis ecoeure"
Le mot revient dans les temoignages recueillis par La Provence. Pas de la colere brute, pas de la haine. De l'ecoeurement. C'est presque pire. La colere, ca se canalise, ca pousse a gueuler plus fort. L'ecoeurement, ca fait rester chez soi. Ca fait regarder le match sur un canape au lieu de vibrer dans les virages.
Vendredi, pour OM-Metz, l'affluence s'annonce modeste. Metz, en Ligue 1, au Velodrome, un vendredi soir. Il fut un temps ou meme ca, c'etait complet. Parce que c'etait le Vel', parce que c'etait l'OM. Ce temps-la semble revolu.
Le plus triste dans tout ca ? Ce n'est pas que les supporters partent. C'est que le club ne leur donne aucune raison de rester.