On sentait le truc venir depuis quelques semaines. Geronimo Rulli, 33 ans, un an de contrat restant, des performances solides mais un avenir flou : tous les ingrédients du feuilleton estival étaient réunis. Ce qui a changé depuis les premières rumeurs, c'est que le casting des prétendants s'est précisé. Et que la famille s'en mêle.
Boca, l'appel du pays
D'après Bocanoticias, site spécialisé dans l'actualité du club de la Bombonera, la mère de Rulli pousse activement pour un retour au pays. Pas une simple envie de soleil argentin : la famille soutient le club présidé par Juan Roman Riquelme, et l'idée d'un come-back dans le championnat argentin à 33 ans a du sens. Boca cherche un gardien d'envergure internationale, Rulli coche toutes les cases. Le romantisme footballistique fait le reste.
Le problème, c'est le prix. L'OM ne va pas brader un champion du monde payé 4 millions il y a deux ans, qui a été l'un des rares à surnager dans les tempêtes de la saison. Le club fixerait sa valeur autour de 8 millions d'euros. Pour Boca, même avec la meilleure volonté du monde, c'est un effort considérable.
De Zerbi, le retour du fantôme
L'autre piste a un parfum de déjà-vu. Roberto De Zerbi, fraîchement installé sur le banc de Tottenham, connaît Rulli par cœur. Il l'a eu sous ses ordres pendant un an et demi à Marseille, il sait ce que le bonhomme vaut dans les grands rendez-vous. Selon le journaliste Ekrem Konur, les Spurs explorent la piste d'un gardien expérimenté pour concurrencer (ou remplacer) Guglielmo Vicario. Le profil de Rulli colle parfaitement.
Sauf que l'entourage du joueur serait tiède à l'idée d'un départ en Angleterre. À 33 ans, s'installer dans un nouveau championnat, un nouveau pays, avec les exigences de la Premier League... Le calcul coûts-bénéfices n'est pas évident.
L'OM dans tout ça
Du côté de la Commanderie, la position est limpide : pas question de laisser Rulli partir libre dans un an. Si une offre correcte arrive cet été, le club ouvrira la porte. 8 millions, c'est le tarif. Pas une fortune pour un gardien de ce calibre en fin de contrat, mais suffisant pour ne pas se sentir volé.
Le vrai sujet pour l'OM, c'est la suite. Si Rulli s'en va, il faudra trouver un numéro un à la hauteur. Et dans l'histoire récente du club, le poste de gardien a souvent été un casse-tête (on se souvient de certaines saisons qu'on préfère oublier). Jeffrey De Lange attend son heure, mais confier les clés du camion à un gardien qui n'a quasiment pas joué cette saison, c'est un pari.
Rulli, lui, prend son temps. Le Mondial 2026 approche, l'Argentine aura besoin de ses gardiens, et un transfert raté en fin de carrière peut laisser des traces. Boca ou Tottenham, le cœur ou le portefeuille, la famille ou l'ambition. Le choix n'a rien d'évident. On saura dans quelques semaines.