On y a cru, soyons honnêtes. Un champion du monde, un type qui a soulevé la C1 avec le Bayern et le Scudetto avec l'Inter, qui débarque en prêt à l'OM pour solidifier l'arrière-garde. Sur le papier, c'était le coup parfait. Sur le terrain de Louis II samedi soir, c'était un cauchemar.
3/10 et deux erreurs directes
L'Équipe n'a pas fait dans la dentelle : note de 3 pour Benjamin Pavard contre Monaco. Un manque de coordination flagrant sur le premier but encaissé, puis une erreur de dégagement qui offre le second sur un plateau. Deux actions, deux buts, une défaite 1-2 qui fait mal au classement. Difficile de trouver une performance aussi catastrophique cette saison chez un joueur de ce calibre.
Le problème, c'est que ce n'est plus un accident. Eurosport titre "Finies les excuses", et c'est le mot juste. Depuis plusieurs semaines, les prestations de Pavard oscillent entre le correct et le médiocre, sans jamais retrouver le niveau qui avait fait saliver les supporters à son arrivée. Vingt-deux matchs disputés cette saison, un petit but inscrit, deux passes décisives, une note moyenne de 6,8 qui masque des hauts et des bas de plus en plus prononcés.
Un profil qui ne colle plus
Le Pavard de l'Inter, c'était un défenseur sûr dans une défense à trois, protégé par un système bien huilé, avec des automatismes construits sur plusieurs saisons. Le Pavard de l'OM, c'est un joueur qui doit s'adapter à un bloc qui change de forme toutes les trois semaines, avec un milieu qui le protège quand ça veut bien et des latéraux qui montent sans forcément revenir. Le contexte explique une partie du déclin, mais pas tout.
À 30 ans, on ne régresse pas techniquement du jour au lendemain. En revanche, on perd en motivation quand on sait que le prêt se termine en juin et que le retour à Milan est programmé. Pavard n'a jamais donné l'impression de jouer sa carrière à Marseille, et ça se sent dans les duels où il arrive une demi-seconde en retard, dans les relances où il prend l'option la plus simple, dans les courses de repli où il lève la tête au lieu de sprinter.
Et maintenant ?
L'Inter ne l'a pas oublié, contrairement à ce qu'on espérait en début de saison. Le prêt sec, sans option d'achat, était un indice dès le départ : c'était un arrangement temporaire, pas un engagement. L'OM a profité du nom et de l'expérience pendant quelques mois. Mais à six journées de la fin, quand chaque point vaut de l'or dans la course à l'Europe, est-ce qu'on peut encore se permettre de laisser un type noté 3/10 dans l'axe de la défense ?
Habib Beye va devoir trancher. Et vite. Parce que le calendrier n'attend pas, et que la confiance, une fois perdue, ne revient pas en un entraînement.