On peut tourner le problème dans tous les sens, les chiffres disent la même chose : l'OM défend mal. Pas juste "un peu moins bien que d'habitude". Mal. Vraiment mal. Au point de figurer parmi les pires défenses de Ligue 1 depuis le début de l'année civile 2026.
Les chiffres qui font grimacer
Le ratio de clean sheets de Rulli cette saison est historiquement bas pour un gardien titulaire de l'OM. On ne parle pas d'un gardien lambda dans un club de milieu de tableau. On parle d'un international argentin, dans un club qui vise l'Europe, protégé (en théorie) par des défenseurs internationaux. Et pourtant, les matchs sans but encaissé se comptent sur les doigts d'une main. L'OM encaisse avec une régularité déprimante, y compris à domicile, y compris contre des équipes qu'on devrait maîtriser.
Aguerd, le ciment qui manque
Quand Nabil Aguerd est sur le terrain, la défense respire. C'est pas un hasard. Le Marocain apporte une lecture du jeu, un placement, une sérénité que personne d'autre n'offre dans cet effectif. Ses 81 passes par match et ses 94 ballons touchés en font le relanceur numéro un de la charnière. Quand il joue, le bloc monte, la défense se place, les transitions sont propres.
Quand il ne joue pas, c'est une autre équipe. Et il a manqué trop de matchs cette saison. Blessures à répétition, pépins musculaires, le défenseur n'a jamais pu enchaîner assez longtemps pour installer des automatismes durables avec ses partenaires.
Balerdi ne peut pas tout porter
Leonardo Balerdi fait ce qu'il peut. Mais demander à un joueur de 25 ans de tenir la baraque seul quand son partenaire de charnière change toutes les semaines, c'est lui demander l'impossible. Résultat : des erreurs de placement collectif, des décalages dans la ligne, des espaces entre les lignes qui s'ouvrent comme des invitations. Monaco n'a pas eu besoin de forcer pour trouver la faille samedi. Elle était déjà là.
Le problème est structurel
Le vrai souci, c'est que cette fragilité n'est pas conjoncturelle. Ce n'est pas un match raté, c'est une tendance de fond. Depuis janvier, l'OM encaisse trop, trop facilement, dans trop de configurations de jeu différentes. En contre-attaque, sur coups de pied arrêtés, sur des erreurs individuelles, sur des centres mal négociés. Il n'y a pas un seul problème à régler, il y en a cinq.
À six journées de la fin, avec la course au podium qui s'intensifie chaque week-end, cette passoire défensive est le plus gros risque pour les ambitions européennes. On peut marquer des buts. Mais si on en prend à chaque match, les maths au classement finissent toujours par rattraper.