McCourt cherche 400 millions pour l'OM, mais refuse de lâcher les clés

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Il y a deux jours, on parlait du feu vert de McCourt pour un investisseur. Le dossier avance, et les chiffres commencent à sortir. Et ils donnent le vertige.

1,2 milliard sur la table

C'est la valorisation que le clan McCourt pose pour l'OM. Un milliard deux. On peut discuter du réalisme du chiffre (on en discutera, crois-nous), mais c'est la base de négociation affichée. Dans ce cadre, l'investisseur recherché mettrait environ 400 millions d'euros pour acquérir une participation minoritaire, autour de 30% du capital.

Traduction : McCourt ne vend pas. Il n'a jamais voulu vendre, il ne veut toujours pas vendre. Le message est limpide. Ce qu'il veut, c'est un partenaire qui apporte du cash sans toucher au volant. Un copilote, pas un chauffeur.

Le chiffre d'affaires prévisionnel de la saison tourne autour de 240 millions d'euros, ce qui donne un ratio valorisation/revenus cohérent avec les standards du foot européen. Mais tout repose sur un détail pas anodin : la qualification directe en Ligue des Champions. Sans elle, le château de cartes financier perd un mur porteur.

Qui tient la baraque en attendant ?

Pendant que les négociations avancent en coulisses, l'OM fonctionne avec un triumvirat qui n'a rien d'improvisé. Alban Juster assure l'intérim à la présidence, Alessandro Antonello gère le quotidien en tant que directeur général, et Shéhérazade Semsar-de Boisséson, vice-présidente de McCourt Global, centralise les décisions stratégiques depuis les bureaux de l'actionnaire.

C'est cette trilogie qui prépare le terrain pour l'arrivée de l'investisseur externe. Pas de flottement, pas de vide de pouvoir (du moins officiellement). La gouvernance s'est restructurée en silence après le départ de Benatia, et le dispositif a le mérite d'être lisible : l'opérationnel à Marseille, le stratégique à Boston.

Le piège du minoritaire

L'investisseur qui mettra 400 millions sur la table le fera sans avoir la main. 30%, ça donne un siège à la table, pas le dernier mot. C'est un point qui peut rebuter certains profils. Les fonds souverains et les milliardaires du Golfe, habitués à racheter et à diriger, risquent de passer leur tour.

Le profil recherché ressemble plutôt à un fonds d'investissement sportif ou un industriel passionné prêt à miser gros sur le potentiel commercial de l'OM. Et ce potentiel, il existe : Marseille reste la ville de foot la plus folle de France, le Vélodrome affiche complet, les revenus progressent.

Reste la question de fond : est-ce que 400 millions suffiront à combler le retard sur un PSG qui évolue dans une autre galaxie financière ? Pas sûr. Mais c'est le pari que McCourt propose. Prendre un raccourci vers le haut de tableau européen sans céder le contrôle. On a connu des paris plus fous à Marseille. Certains ont même marché.