On le sentait venir, mais le voir noir sur blanc, ca fait un autre effet. La DNCG a publie les comptes de l'exercice 2024-25, et le verdict est sans appel : 104,788 millions d'euros de deficit avant impots pour l'Olympique de Marseille. Un record absolu depuis le rachat par Frank McCourt en 2016.
Un trou que l'Europe n'a pas comble
La saison 2024-25, c'etait celle sans coupe d'Europe. Zero match europeen, zero prime de participation, zero billetterie supplementaire. Pour un club qui avait structure son budget autour de la presence en Ligue des Champions, l'addition est arrivee sans filtre. Les investissements du mercato, calibres pour performer sur la scene continentale, n'ont pas ete amortis par les revenus correspondants. On a achete comme un club de C1, on a encaisse comme un club de mid-table.
D'apres Football Club de Marseille, ce deficit place l'OM parmi les pires bilans d'Europe sur cette periode. Seuls trois clubs font "mieux" dans l'horreur : l'OL (96 millions), Tottenham (201 millions) et Chelsea (407 millions, mais c'est Chelsea, ils comptent en billets Monopoly a ce stade).
570 millions en dix ans de McCourt
Le chiffre qui glace, c'est celui du cumul. Depuis 2016 et l'arrivee de l'homme d'affaires americain, l'OM a perdu pres de 570 millions d'euros. Cinq cent soixante-dix. On peut tourner le truc dans tous les sens, ca reste vertigineux. Les saisons avec l'Europe ont permis de limiter la casse, les autres ont creuse le gouffre. Et quand on regarde la trajectoire, la courbe ne s'inverse jamais vraiment.
Cette saison 2025-2026, la participation en Ligue des Champions a remis un peu d'oxygene dans les caisses. Mais comme on l'ecrivait hier, l'OM reste suspendu a sa qualification europeenne pour la saison prochaine. Sans billet pour la C1 2026-2027, il faudra tailler dans l'effectif. Avec un deficit pareil dans le retroviseur, la marge de manoeuvre est a peu pres nulle.
Et maintenant ?
Le paradoxe de l'OM version McCourt tient en une phrase : on investit beaucoup, on perd beaucoup, et on recommence. Les 400 millions injectes par le proprietaire n'ont pas produit de modele economique viable. Ils ont produit des coups (Payet, Sanson, Greenwood), des saisons de montagnes russes, et un deficit cumule qui ferait palir n'importe quel directeur financier.
La bonne nouvelle, si on cherche bien : l'OM est toujours la. Le club n'est pas en danger immediat grace aux garanties de McCourt. Mais cette politique du "on depense d'abord, on comptera apres" a une date de peremption. Et a 104 millions de deficit par an, cette date se rapproche vite.
Six journees de championnat pour accrocher le podium et la C1. Six journees pour eviter que le prochain bilan soit encore pire. Le calendrier ne ment pas : c'est maintenant que tout se joue.