Lundi, on en était aux premiers échanges. Riolo lançait le nom, Bouhafsi répondait en mode politique, Molina balançait les premières charges. Quarante-huit heures plus tard, l'affaire a pris une dimension que personne n'avait anticipée.
Molina va plus loin
Romain Molina a détaillé ses accusations avec une précision chirurgicale. Selon lui, Bouhafsi ne se contentait pas de couvrir l'OM quand il était journaliste à RMC : il s'impliquait activement dans certains transferts du club. Des contacts directs avec des agents, des orientations de dossiers, et surtout une forme d'autocensure sur des informations qui auraient pu nuire à ses relations avec la direction marseillaise.
Les mots sont lourds. Si ces accusations se vérifient, on ne parle plus d'un journaliste passionné qui rêvait de présider l'OM un jour. On parle d'un conflit d'intérêts qui couvrait plusieurs saisons.
Un confrère sort du bois
Et Molina n'est plus seul. Un autre journaliste, dont le nom circule dans le milieu sans être officiellement confirmé, a dénoncé des "méthodes discutables" de la part de Bouhafsi durant sa période de reporter. Les témoignages convergent sur un point : des liens troubles entre son travail éditorial et les intérêts de certains clubs, dont le PSG serait également concerné.
Quand un accusateur devient deux, la rumeur se transforme en débat de fond. Le milieu du journalisme sportif français bruisse. Certains défendent Bouhafsi (son réseau, sa passion pour l'OM, sa légitimité construite sur le terrain), d'autres estiment que ces révélations rendent sa candidature à la présidence intenable.
La piste refroidit
Paradoxalement, au moment où les accusations montent, la rumeur Bouhafsi-président semble se tempérer. Plusieurs sources proches du club indiquent que McCourt, attentif à la polémique naissante, prendrait du recul sur ce profil. Le propriétaire américain cherche quelqu'un capable de rassembler, pas de diviser avant même d'avoir commencé.
Le feuilleton de la présidence continue, mais Bouhafsi part avec un handicap qu'il n'avait pas il y a trois jours. À Marseille, les histoires simples n'existent pas.