Les statistiques, parfois, elles tombent comme un coup de massue. Trois défaites en sept matchs depuis son arrivée sur le banc. Habib Beye est devenu le premier entraîneur de l'OM à afficher un bilan aussi négatif en début de mandat depuis Jean Fernandez en 2005. Vingt et un ans. Ça pique.
Le parallèle avec Fernandez n'est pas anodin. En 2005-2006, l'ancien sélectionneur du Maroc avait encaissé trois revers (Bordeaux, Lens, Rennes) lors de ses quatre premières rencontres. Une catastrophe industrielle qui avait plombé son crédit avant même que la saison ne démarre vraiment. Beye, lui, a réparti ses défaites sur un échantillon un peu plus large (Brest 0-2, Lille 1-2 à domicile, Monaco 1-2), mais le résultat comptable est le même.
Et comme si ça ne suffisait pas, Beye traîne un autre record dont personne ne veut : premier entraîneur de Ligue 1 à être éliminé de la Coupe de France la même saison avec deux clubs différents. D'abord avec le Red Star, puis avec l'OM. Le genre de ligne dans le CV qu'on préférerait voir disparaître.
Soyons honnêtes : le contexte atténue un peu la sévérité des chiffres. Beye a débarqué le 18 février dans un vestiaire chamboulé par le départ de De Zerbi, avec un effectif à reconstruire mentalement et un calendrier piégeux (Brest à l'extérieur pour commencer, merci bien). Les contenus de jeu ne sont pas honteux. Contre Lille comme à Monaco, l'OM a montré des choses. Pas assez pour gagner, mais assez pour entrevoir un projet.
Le problème, c'est que les projets ne rapportent pas de points. Et au classement, l'OM a dégringolé à la cinquième place. Les quatre victoires de Beye (dont des succès convaincants) ne compensent pas l'impression que cette équipe se saborde dans les moments importants. Un penalty raté ici, une relance manquée là, et on se retrouve à comparer notre coach à Jean Fernandez. Pas exactement le voisinage rêvé.
Beye le sait, il l'a dit en conférence de presse : les résultats doivent venir. Pas demain, pas la saison prochaine. Maintenant. Metz au Vélodrome, c'est le genre de rendez-vous qui ne souffre aucune discussion. Parce que si le bilan continue de se dégrader, les statistiques deviendront des verdicts. Et à Marseille, on n'a jamais eu la patience d'attendre qu'un entraîneur "installe son jeu" pendant qu'on descend au classement.