On l'avait presque oublié, Igor Paixao. Arrivé dans l'ombre de Mason Greenwood et de ses 16 buts, le Brésilien traînait son spleen sur le banc de De Zerbi, grignotant des bouts de temps de jeu sans jamais convaincre qu'il valait mieux que ça. Et puis Habib Beye est arrivé. Et tout a changé.
Le déclic du Classique inversé
C'est lors d'OM-OL, début mars, que tout le monde a ouvert les yeux. Entré en jeu, Paixao a planté l'égalisation sur une action qu'on lui connaissait peu : prise de balle dos au but, crochet intérieur, frappe enroulée. Du geste pur. Beye, en conférence d'après-match, avait lâché cette phrase qui dit tout : "Il mérite ce qu'il a vécu ce soir." Pas de grand discours, juste la reconnaissance d'un coach qui sait ce que ça coûte de patienter.
Depuis, Paixao enchaîne. Titularisé plus régulièrement, il apporte cette verticalité qui manquait tant au jeu marseillais. Là où De Zerbi voulait du jeu de position, Beye lui demande d'attaquer l'espace. Et le Brésilien, libéré de cette obligation de jouer court, retrouve ses jambes de Feyenoord.
Un système taillé pour lui
Le mérite revient aussi au dispositif de Beye. En plaçant Paixao sur le côté gauche avec licence de rentrer dans l'axe, le coach lui offre exactement le rôle qui le fait briller : appels en profondeur, un-contre-un, et cette capacité à créer du danger dans les trente derniers mètres. "J'aime avoir le sourire tout le temps", confiait-il récemment. Ça se voit sur le terrain.
Son association avec Greenwood (27 matchs, 16 buts, 4 passes décisives cette saison) prend une autre dimension. Quand l'Anglais fixe les défenses centrales, Paixao profite des espaces laissés sur les côtés. La complémentarité est devenue évidente ces dernières semaines.
La question de l'été
Reste le sujet que personne n'ose poser à voix haute : est-ce que ça suffira pour le garder ? Le Brésilien a 24 ans, un contrat long, et une cote qui remonte aussi vite que ses stats. Si l'OM veut construire quelque chose de solide avec Beye la saison prochaine, conserver Paixao dans cette forme serait un signal fort.
Pour l'instant, on profite. Parce qu'à Marseille, on sait que les belles histoires, ça peut s'arrêter aussi vite que ça commence. Mais celle-là, on aimerait bien qu'elle dure un peu.