Boycott de La Provence : l'OM joue avec le feu

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On en parlait hier : l'UJSF avait haussé le ton. Depuis, ça n'a pas baissé d'un décibel. Le Figaro a repris l'affaire ce matin en parlant de "décision intolérable" et de "précédent dangereux pour la liberté de la presse dans le football français". Quand le quotidien national de référence s'empare du sujet, c'est que la petite guéguerre locale a changé de catégorie.

Ce qui se passe, concrètement

Depuis plusieurs semaines, les journalistes de La Provence n'ont plus le droit de poser des questions en conférence de presse à l'OM. Ils sont là, accrédités, mais réduits au silence. Une sanction qui n'a aucun cadre légal, aucune procédure officielle. Juste une décision unilatérale du club. Que La Provence ait publié des articles qui ont déplu à la direction, c'est probable. Mais museler un média local, le premier quotidien de la ville, c'est une ligne qu'on ne franchit pas sans conséquences.

L'Union des journalistes de sport de France l'a bien compris. Le syndicat ne se contente plus de communiqués de presse : il menace désormais l'OM de poursuites judiciaires. Made in Foot et le Football Club de Marseille ont confirmé l'information. L'UJSF considère que l'interdiction est "contraire aux principes de liberté de la presse" et constitue un précédent que toute la profession refuse d'accepter.

Un combat perdu d'avance ?

Historiquement, les clubs de foot qui se sont frottés à la presse sur ce terrain ont rarement gagné. On peut contrôler sa communication, choisir ses interviews, favoriser tel ou tel média. Mais empêcher un journaliste de faire son travail en conférence de presse, c'est s'exposer à une bataille juridique et médiatique qu'aucun service com' ne peut gagner.

L'OM traverse une période de transition délicate : Longoria parti, succession en cours, fin de saison tendue. Rajouter un conflit avec la presse locale par-dessus, c'est se créer un problème dont personne n'avait besoin. La Provence reste le journal que les supporters lisent au petit-déjeuner. Se le mettre à dos, c'est perdre un relais d'opinion difficile à remplacer.

Personne ne demande à l'OM d'aimer tous les articles qu'on écrit sur lui. Mais entre la critique légitime et le boycott, il y a une marge que le club a franchie. La balle est dans le camp de la direction. Espérons que quelqu'un là-haut réalise qu'il est encore temps de reculer avant que ça ne finisse devant un tribunal.