McCourt au JDD : nouveau président, Benatia, investisseurs

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On en parlait hier, quand McCourt ouvrait la porte aux investisseurs. Vingt-quatre heures plus tard, le propriétaire américain passe des signaux discrets à l'interview fleuve. Et cette fois, c'est au Journal du Dimanche qu'il a choisi de se confier. Avec des mots qui ne laissent plus de place au doute.

« Je pense que c'est le moment d'entamer ce processus parce que je veux vraiment que Marseille passe au niveau supérieur. » La formule, on l'a entendue cent fois. Mais la suite est plus concrète : McCourt parle d'investissements supplémentaires, de partenaire stratégique, et surtout d'une volonté affichée de structurer le club différemment. Pas un mot sur une vente totale, mais tout le vocabulaire de celui qui prépare le terrain pour céder une part du gâteau.

Benatia, c'est fini en juin

Sur le dossier Benatia, McCourt a été net. « Après avoir reçu sa démission, je lui ai moi-même demandé de prolonger son préavis et je le remercie d'avoir accepté car c'était essentiel pour terminer la saison. Mehdi est un excellent directeur sportif. Il restera jusqu'à la fin de la saison et ensuite ce sera fini. » Pas d'ambiguïté. Benatia confirmait son départ vendredi, McCourt entérine le tout avec la politesse de circonstance. Merci pour tout, la porte est par là.

Ce qui frappe, c'est la chronologie. Benatia avait posé sa démission, McCourt lui a demandé de rester pour finir le job. Le directeur sportif a accepté par loyauté. Belle histoire, si on la lit vite. En filigrane, on comprend que la rupture date de bien avant mars, et que les derniers mois n'étaient qu'un sursis négocié.

Un président avant l'été

L'info nouvelle, celle qui change vraiment la donne, c'est ça : McCourt annonce qu'il cherche un nouveau président avant la fin de la saison. Après le départ de Pablo Longoria lundi dernier, le poste est vacant. Et l'Américain n'a pas l'intention de laisser traîner.

Longoria parti, Benatia sur le départ, pas de président en poste. Trois cases vides dans l'organigramme. L'été s'annonce comme un chantier de reconstruction totale, pas seulement sur le terrain mais dans les bureaux. Qui voudra s'asseoir dans ce fauteuil ? Le job est ingrat : gérer un club passionnel, un propriétaire américain parfois lointain, un vestiaire en transition, et un mercato qui s'annonce brûlant avec le départ probable de Mason Greenwood.

Ce que ça dit du projet

Prenons un peu de recul. McCourt à Marseille, c'est bientôt dix ans. Des hauts (la demi-finale de Ligue Europa, la qualification en C1 cette saison), des bas (on ne va pas refaire la liste, tu la connais par cœur), et surtout cette sensation permanente d'un projet qui n'arrive jamais à maturité. Chaque été remet les compteurs à zéro.

Cette interview au JDD, pourtant, a un parfum différent. Le propriétaire ne promet plus, il restructure. Il ne défend plus son bilan, il cherche du renfort. C'est peut-être le signe que McCourt a compris ce que tout Marseille lui répète depuis des années : on ne construit pas un grand club en solo.

Reste à voir si les actes suivront les mots. L'OM nous a trop appris la prudence pour qu'on s'enflamme sur une interview dominicale.