On savait que ça allait arriver. Depuis mi-février et la confirmation de Mehdi Benatia à la direction sportive, Pablo Longoria n'avait plus grand-chose à faire à la Commanderie. Un président sans prérogatives sportives, c'est un capitaine sans gouvernail. Ce lundi 24 mars, l'OM a officialisé ce que tout le monde avait compris : Longoria s'en va.
L'accord a été trouvé entre les avocats des deux parties. Le dirigeant espagnol de 40 ans quitte le club après six années de service, dont cinq à la présidence du directoire. Dans l'histoire récente de l'OM, seuls Vincent Labrune et Bernard Tapie avaient tenu aussi longtemps à ce poste. Ça en dit long sur la valse des présidents dans ce club.
Le bilan sportif ? Trois podiums en quatre saisons complètes. Un retour en Ligue des Champions cette saison. Des recrues qui ont marqué (Greenwood, Aubameyang, Sanchez), d'autres qui ont coûté cher pour pas grand-chose. Le mercato à la Longoria, c'était toujours du spectacle : des noms qui tombent dans tous les sens en août, des coups de génie et des flops à 20 millions. On a vibré, on a pesté, on a espéré. Comme d'habitude à Marseille.
Côté coulisses, la fin a été moins glorieuse. Le feuilleton Benatia de mi-février a tout précipité. Frank McCourt a tranché : c'est Mehdi qui gère le sportif. Longoria s'est retrouvé avec un rôle "institutionnel", autant dire un bureau avec vue et rien à signer. Le genre de situation que personne n'accepte quand on a son tempérament.
Pour la suite, c'est Alban Juster qui prend le relais comme président du directoire par intérim. Le bonhomme est dans les murs depuis 2017, il connaît les comptes du club par cœur (directeur général finances et compliance, ça ne s'invente pas). Il sera épaulé par Alessandro Antonello au poste de directeur général et Benjamin Arnaud comme secrétaire général. Un triumvirat gestionnaire le temps que McCourt décide de la suite.
Longoria, on retiendra quoi ? Un passionné de foot, un dénicheur de talents qui passait ses nuits sur Wyscout, un président qui parlait ballon et pas seulement gros sous. Pas le plus communicant, pas toujours le plus transparent, mais un type qui aimait le club. À Marseille, ça compte.
Reste à savoir si cette nouvelle organisation tiendra jusqu'à la fin de saison, ou si McCourt nous réserve encore un twist dont il a le secret.