Le 28 février, Pablo Longoria a officiellement quitté la présidence du directoire de l'Olympique de Marseille. Alban Juster, directeur financier du club depuis huit ans, a pris la suite par intérim. La communication officielle était lisse, calibrée. La réalité, beaucoup moins.
Trois semaines plus tard, les langues se délient et le puzzle s'assemble. Ce qui ressemblait à une transition ordonnée était en fait une mise à l'écart brutale, orchestrée en coulisses depuis mi-février.
Le 17 février, le point de bascule
D'après les éléments rapportés par Sports.fr et Le Monde, la rupture date du 17 février. Ce jour-là, Longoria est officiellement "réorienté vers ses responsabilités institutionnelles", un euphémisme pour dire qu'on lui retire le sportif. Le vrai pouvoir passe entre les mains de Medhi Benatia, qui gérait déjà une grande partie du mercato depuis plusieurs mois.
Pour Longoria, c'est le coup de grâce. L'Espagnol, arrivé en 2020, avait construit sa légitimité sur sa maîtrise des dossiers de transferts. Sans ça, il n'est plus qu'un président de façade. Une situation intenable pour un homme habitué à tout contrôler, du scouting aux négociations.
McCourt tranche, Longoria encaisse
La décision vient d'en haut. Frank McCourt, d'habitude discret dans la gestion quotidienne, a recadré l'organigramme. Les raisons précises restent floues (elles le resteront, c'est l'OM), mais plusieurs sources évoquent des divergences sur la stratégie de recrutement et la gestion financière du mercato hivernal.
Longoria a préparé son départ avec ses avocats, d'après Eurosport. "Choqué" par la brutalité du processus, selon un proche cité par Score.fr. On ne parle pas d'un licenciement classique, mais d'un déclassement progressif qui l'a poussé à la démission. La nuance est importante : elle change tout sur les conditions de sortie.
Cinq ans, et quoi au bout ?
Le bilan Longoria divise. Côté pile : une montée en compétitivité, des recrues marquantes (Greenwood, Aubameyang, les coups du mercato 2022), un retour en Ligue des Champions après neuf ans. Côté face : une instabilité chronique avec sept entraîneurs en cinq ans, des dépenses pas toujours cohérentes, et une relation avec les supporters qui n'a jamais vraiment pris.
France Info parle d'une "progression sportive mêlée à une instabilité chronique". C'est un bon résumé. Longoria a fait avancer le club, mais à quel prix en interne ? Combien de coaches virés, de directeurs sportifs remplacés, de plans de jeu abandonnés en cours de route ?
Et maintenant ?
Alban Juster assure l'intérim. Un financier, pas un homme de foot. C'est Benatia qui tient les manettes sportives, et pour l'instant ça tourne. Les résultats sur le terrain sont corrects sous Beye, le mercato d'hiver n'a pas été catastrophique. Mais la question de fond reste entière : qui va réellement diriger ce club ? McCourt cherche-t-il un nouveau président, ou Juster est-il là pour durer ?
À Marseille, on change de patron comme on change de coach. On s'y est habitués. Ça ne veut pas dire qu'on trouve ça normal.