On le sentait venir depuis des semaines, mais cette fois c'est signé. Ce dimanche 23 mars, Frank McCourt et Pablo Longoria ont officialisé un accord sur les conditions de son départ. Le communiqué du club, sobre, "reconnaît l'engagement et le travail accompli pendant six années au service du club". Pas de chiffres, pas de détails. Du classique marseillais.
Un départ, pas une surprise
Les coulisses de son éviction étaient connues depuis plusieurs semaines. Écarté du sportif mi-février, réduit à un rôle de figuration, Longoria n'avait aucune raison de rester. D'après Foot Marseille, il a refusé le poste institutionnel qu'on lui proposait auprès des instances nationales et européennes. On peut le comprendre : quand tu as géré le mercato et les négociations pendant cinq ans, tu ne deviens pas ambassadeur du club le sourire aux lèvres.
Ses avocats ont bouclé les derniers détails ces derniers jours, pendant que l'Espagnol restait à Marseille. Le Dauphiné parle d'une "période d'instabilité interne" qui a précipité la fin, notamment le licenciement de Roberto de Zerbi. Un licenciement qui aurait fragilisé Longoria en interne, McCourt considérant que la valse des entraîneurs devenait ingérable. Sept coaches en cinq ans, on peut difficilement lui donner tort sur ce point.
Le bilan en deux images
Deux deuxièmes places en Ligue 1. Un retour en Ligue des Champions après neuf ans de disette. C'est le Longoria côté pile, celui qui a ramené l'OM dans la cour des grands avec des coups de marché parfois brillants. Mason Greenwood à 30 millions, c'était vu comme un pari fou. C'est devenu la meilleure affaire du mercato 2024.
Côté face : sept coaches en cinq ans, des recrutements pas toujours cohérents, des tensions permanentes avec le vestiaire ou les supporters. BeSoccer résume son passage comme "marqué par la progression sportive et l'instabilité chronique". C'est honnête.
Juster en intérim, Benatia aux commandes
Alban Juster, le directeur financier, assure la présidence par intérim. C'est un gestionnaire, pas un homme de ballon. Le vrai patron du sportif, aujourd'hui, c'est Medhi Benatia. C'est lui qui a piloté le mercato hivernal, c'est lui qui a choisi Habib Beye sur le banc. Pour l'instant, ça tourne.
La question qui brûle : McCourt cherche-t-il un vrai président ou Juster va-t-il s'installer dans la durée ? Côté Longoria, le réseau européen tourne déjà. D'après le But Football Club, un rebond en Italie se dessine, du côté de l'Atalanta où il a travaillé avant l'OM.
Six ans, c'est long à Marseille. Plus long qu'ailleurs. Longoria a tenu, a bossé, a fait des erreurs et des coups de génie. Le livre est fermé. Reste à voir qui écrira la suite.