Il y a des histoires qui ne peuvent arriver qu'à Marseille. Pierre-Emile Højbjerg a reçu le brassard de capitaine début mars, dans un geste censé marquer son importance dans le projet. Trois semaines plus tard, on apprenait que son départ était estimé à 18M€. Tu donnes les clés de la maison à un gars et tu commences à regarder les annonces pour le remplacer. C'est beau.
Le brassard et les doutes
Quand la direction a confié le capitanat au Danois, ça avait du sens. Højbjerg, c'est 25 matchs cette saison, une présence au milieu qui stabilise tout, le genre de joueur qu'on ne remarque pas quand il est là mais dont l'absence saute à la gorge. Bayern, Southampton, Tottenham dans les jambes, le brassard du Danemark : le CV parle tout seul. À 30 ans, il apportait à ce groupe ce qui manquait depuis des lustres. De la sérénité.
Sauf que la sérénité, à Marseille, ça n'a jamais tenu bien longtemps.
18 millions et au revoir ?
D'après plusieurs sources, l'OM anticiperait un départ cet été pour un montant estimé autour de 18M€. L'avenir du milieu de terrain s'inscrit, pour reprendre la formule, "en pointillés". Højbjerg avait pourtant démenti les rumeurs d'un transfert à la Juventus en janvier, catégoriquement. Mais les démentis dans le foot, on sait ce que ça vaut. Le joueur avait aussi exprimé son optimisme sur les recrues hivernales, se projetant dans la suite du projet. Des mots qui sonnent aujourd'hui comme ceux d'un homme qui savait déjà.
Le vrai problème, c'est ce que ça raconte du fonctionnement du club. On nomme un capitaine pour souder un vestiaire en fin de saison, tout en sachant pertinemment que l'été prochain redistribuera les cartes. C'est une gestion à la petite semaine, même si on peut comprendre la logique financière : Højbjerg a une valeur marchande, l'OM a besoin de liquidités, et le mercato d'été s'annonce comme un grand ménage.
Et après ?
Avec le départ probable de Greenwood vers la Juventus et maintenant les doutes sur Højbjerg, le milieu de terrain et l'attaque pourraient perdre deux de leurs éléments les plus fiables en même temps. L'OM se retrouverait à reconstruire, encore, comme chaque été.
Højbjerg méritait mieux que d'être un capitaine de passage. Mais à Marseille, les promesses ont la durée de vie d'un feu de paille. On finira bien par s'y habituer. Ou pas.