Beye, trois semaines et déjà le banc des accusés

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Trois semaines. C'est le temps qu'il a fallu pour que les premiers doutes s'installent. Pas une éternité, mais à Marseille, c'est déjà une ère géologique. Habib Beye avait débarqué avec l'énergie du converti, la connaissance du club et l'envie de secouer un vestiaire anesthésié par la fin chaotique de De Zerbi. Après la défaite contre Lille samedi (1-2), le bilan commence à peser.

Gagner sans convaincre, puis perdre

Les trois premières victoires de Beye avaient rassuré les comptables sans emballer personne. Pragmatisme, solidité, résultats : le minimum syndical pour un pompier arrivé en cours de saison. Christophe Dugarry l'avait dit dès la deuxième semaine : gagner sans produire de jeu, à l'OM, c'est se construire une bombe à retardement. Le public veut du spectacle, pas des 1-0 arrachés dans la douleur.

La défaite de samedi a changé la donne. Quand tu ne proposes rien ET que tu perds, il ne reste plus grand-chose à vendre. Ludovic Obraniak a été le plus direct : une équipe « trop sage, trop passive », qui attend au lieu d'imposer. Le constat colle avec ce qu'on a vu au Vélodrome : un OM qui subit les vagues lilloises, qui réagit au lieu d'agir.

Le pressing fantôme

Beye voulait un « rouleau compresseur ». On a eu un soufflé qui retombe après vingt minutes. Le pressing haut qu'il prône demande une intensité physique que l'effectif ne tient pas sur 90 minutes. Les stats sont cruelles : 9 clean sheets sur toute l'année civile, deux buts encaissés par match depuis cinq rencontres. La fébrilité défensive n'est pas un accident, c'est une constante.

Lui-même le reconnaît. Après la défaite à Brest (sa première, 2-0), il avait pointé le manque d'agressivité sur les seconds ballons. Après Lille, rebelote : « résignation » et absence de réaction dans les « zones de vérité ». Les mêmes maux, les mêmes mots. Quand un coach répète le diagnostic sans que le traitement fonctionne, ça interroge.

Le temps, ce luxe qu'on n'a pas

Le débat est posé. Certains rappellent qu'Igor Tudor aussi s'était fait démolir après trois semaines, avant de finir deuxième. D'autres pensent que Beye n'a tout simplement pas les épaules. La vérité se situe probablement entre les deux : l'effectif a des limites, la transition tactique prend du temps, et le calendrier n'attend personne.

L'OM reste troisième au classement, mais Lille est revenu à deux points. Monaco guette. La trêve internationale tombe bien pour travailler, à condition que Beye trouve le bon curseur entre l'ambition offensive qu'il affiche et la solidité que son équipe n'a toujours pas. Le prochain rendez-vous contre Metz sera un test de caractère. Pas le genre de match qui fait trembler, mais exactement le genre de match où cette équipe est capable de se saborder.

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