Beye avant Lille : « Un match qui peut tout changer »

Trois victoires consécutives en Ligue 1, dix jours de préparation dans les jambes, un seul absent au tableau : Habib Beye se présente face à la presse avec le sourire de ceux qui sentent le vent tourner. Dimanche au Vélodrome (17h15), l'OM reçoit Lille pour la 27e journée, et le coach ne fait pas semblant d'ignorer l'enjeu.

« Dans des saisons, il y a des tournants et cela ressemble à une forme de tournant. » On aurait presque envie de lui dire de ne pas nous porter la poisse. Mais il a raison. Depuis le succès à Lyon, on est passés de huit points de retard à deux d'avance sur les Gones dans la course à la C1. Ça va vite, dans ce championnat. Et dimanche, l'occasion est là de mettre un adversaire direct à distance.

Dix jours pour monter en puissance

Beye a profité de la trêve pour pousser le curseur physique. Pas de bobo à signaler, des entraînements intensifs, l'équipe affûtée. Seul Nayef Aguerd, touché à la pubalgie, manque à l'appel. Pour le reste, tout le monde est dispo. « On n'a eu aucun problème de récupération, ce qui est un indice important pour nous. » Avec presque dix jours sans jouer, on aurait été inquiets du contraire, mais passons.

Moins de spectacle, plus de résultats

Interrogé sur sa patte depuis son arrivée il y a un mois, Beye a le mérite de la clarté. « On prenait beaucoup trop de buts et il fallait qu'on soit plus solides, plus équilibrés, et peut-être moins spectaculaires. » Traduction : on ne va pas vous promettre du jeu de gala tous les week-ends, mais on encaisse moins et on gagne. C'est un deal que les supporters du Vélodrome sont prêts à accepter, surtout après les montagnes russes de l'ère De Zerbi.

Le coach a aussi insisté sur la verticalité qu'il veut insuffler. Moins de possession stérile, plus d'accélération vers le but. Ça génère du déchet, c'est vrai, mais aussi de la menace. Et vu les résultats, difficile de contester la méthode.

Höjbjerg donne le ton

Pierre-Emile Höjbjerg, capitaine et métronome du milieu, a mis les mots justes sur cette dynamique. « On est sur le bon chemin, c'est très important de garder cette sérénité. Contre Lyon, à quinze minutes de la fin, on avait huit points de retard et on en a deux d'avance maintenant. » Le Danois sait de quoi il parle : depuis son arrivée, il a connu les hauts et les bas du Vélodrome. Son message est simple, pas de relâchement, rester à fond, ramener les supporters avec eux. « Depuis que je suis ici, j'ai eu beaucoup d'occasions de ressentir une ambiance extraordinaire. »

Petite pépite en fin de conférence : interrogé sur De Zerbi, Höjbjerg a lâché un sobre « j'ai beaucoup aimé Roberto ». Élégant. Le passé est le passé, le présent s'appelle Lille.

Rendez-vous dimanche. Le Vélodrome a besoin de rugir, et cette équipe a besoin du Vélodrome. Beye l'a dit lui-même : « Les gros matchs sont faits pour être joués ici, avec une grosse ambiance. » On ne va pas le contredire.

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